France

«Gilets jaunes»: la liberté de la presse recule en France, selon RSF

RSF a notamment mis en cause les manifestations des «gilets jaunes» pour expliquer le recul de la liberté de la presse en France. Ici, un manifestant «gilet jaune» à Paris, le 13 avril (photo d'illustration)
RSF a notamment mis en cause les manifestations des «gilets jaunes» pour expliquer le recul de la liberté de la presse en France. Ici, un manifestant «gilet jaune» à Paris, le 13 avril (photo d'illustration) Thomas SAMSON / AFP

Reporters sans frontières a présenté jeudi 18 avril le rapport 2019 sur la liberté de la presse dans le monde. Selon l'ONG le nombre de pays considérés comme sûrs pour les journalistes se réduit, y compris en Europe et en France, notamment lors des manifestations des « gilets jaunes ».

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L'hostilité exprimée par certains dirigeants politiques contre les journalistes a fini par se transformer en violences concrètes, selon Reporters sans frontières (RSF). Mais l’ONG a mis l’accent sur la situation en France dans son rapport, étant donné la dégradation des conditions des journalistes, notamment autour du mouvement des « gilets jaunes ».

Véronique de Viguerie est photojournaliste de guerre, mais elle a également couvert les manifestations des « gilets jaunes » en France : elle a été surprise de la violence qui y régnait.

« La situation est devenue vachement plus hostile, de la part des policiers, mais aussi de la part des "gilets jaunes", où on s’est fait plusieurs fois prendre à partie. De l’autre côté, on a les flics qui disent "ah vous faites exprès de les protéger en vous mettant au milieu, donc tant pis pour vous si vous vous prenez des flashballs, parce qu’après tout, vous l’avez cherché", raconte-t-elle. On a un peu l’impression qu’on est le bouc émissaire de tous ces gens. »

Le journaliste David Dufresne s'est quant à lui attaché à dénoncer les violences policières subies par les « gilets jaunes ». Devant la réalité du terrain, il a également tenté de comptabiliser les journalistes blessés, une mission plus compliquée.

« Pour des raisons pratiques, je ne peux signaler que des choses qui sont documentées : photo, vidéo, plainte. Les journalistes portent assez peu plainte et évidemment un photographe ne fait pas tellement de selfie de ses blessures. Il va plutôt aller photographier les blessures des autres, donc paradoxalement, il y a moins de documentation. »

David Dufresne appelle les journalistes à se regrouper et porter plainte contre ces violences. Elles touchent selon lui aussi bien le pigiste que la star de l'audiovisuel.

 

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