France

Le gouvernement réuni en séminaire pour mettre en musique les annonces de Macron

Le Premier ministre français Edouard Philippe s'adresse à la presse à son arrivée à l'hôtel Matignon à Paris pour participer à un séminaire gouvernemental organisé à la suite du «Grand débat national», le 29 avril 2019.
Le Premier ministre français Edouard Philippe s'adresse à la presse à son arrivée à l'hôtel Matignon à Paris pour participer à un séminaire gouvernemental organisé à la suite du «Grand débat national», le 29 avril 2019. Bertrand GUAY / AFP

Après les annonces d’Emmanuel Macron jeudi dernier, les ministres et les responsables de la majorité présidentielle se retrouvent ce lundi 29 avril en séminaire à Matignon pour orchestrer la « nouvelle ambition » du président français pour relancer son quinquennat.

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Après le chef de l’État, c’est au Premier ministre Édouard Philippe de monter en première ligne dès ce lundi matin pour présider un « séminaire de la majorité », qui réunit tout à la fois les membres du gouvernement et également les présidents LaREM et MoDem des groupes et des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un dispositif élargi, « en force », volonté du président de réformer efficacement et sans se substituer au gouvernement et au Parlement.

Retour sur la conférence de presse d'Emmanuel Macron

Au programme donc de la réunion qui devrait durer une bonne partie de la journée à Matignon, la définition d’une méthode de travail, la répartition des rôles et la mise en œuvre d’un calendrier pour installer les nombreux chantiers annoncés par le chef de l’État. Un travail de calage qui va prendre un peu de temps, a prévenu tout à l'heure le Premier ministre.

« C’est une journée de travail intense pour construire - si j’ose dire, de façon triviale - le "qui fait quoi et quand" de la majorité, a-t-il déclaré au micro de Julien Chavanne. Il m’est apparu opportun de pouvoir associer un certain nombre de parlementaires à la définition du calendrier sur lequel nous allons travailler, à la définition de nouveaux instruments, d’une nouvelle méthode. On sait que beaucoup sont impatients, le président de la République nous a demandé d’aller vite, il a raison. Et nous sommes déterminés à faire vite et à faire bien. Cela exige forcément de caler toute une série de choses, de dire qui est le chef de file sur tel ou tel sujet, et ensuite, de vérifier que nous remplissons les conditions que nous nous sommes fixées, que nous passons les étapes une à une pour aboutir au bon résultat. »

Parmi les dossiers prioritaires, Notre-Dame et le climat. Les élus sont invités à voter rapidement le projet de loi pour la reconstruction de la cathédrale. Le texte relatif à l’énergie et au climat sera lui présenté dès mardi en conseil des ministres.

« Aller vite, car tout reste à faire », fait valoir un ministre. Après cinq mois de crise, même si la contestation dans la rue semble quelque peu s’essouffler, l’inquiétude perdure au sommet de l’État avant le 1er mai et les convergences annoncées entre syndicalistes et « gilets jaunes » qui pourraient relancer la machine.

Trouver comment financer les mesures annoncées

La grande question à laquelle ce séminaire devra aussi répondre, c'est comment seront financées toutes les mesures promises par le président. D'autant qu'Emmanuel Macron est resté flou, donnant juste quelques pistes comme la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, travailler plus et réduire la dépense publique.

Baisse de l'impôt sur le revenu : 5 milliards d'euros. Indexation des retraites sur l'inflation : 1,5 milliard d'euros. Reconduction de la défiscalisation de la prime exceptionnelle : un milliard d'euros. Et encore d'autres mesures comme la création de plusieurs structures telles que les Maisons de service public, le Conseil de défense écologique ou encore celui de la participation citoyenne. De façon approximative, les promesses d'Emmanuel Macron pourraient coûter aux alentours de 9 milliards d'euros. Un peu moins que les 10 milliards d'euros débloqués en faveur du pouvoir d'achat en décembre, en pleine crise des « gilets jaunes ».

En quatre mois, le gouvernement a augmenté ses dépenses de 19 milliards d'euros. Les ministres des Comptes publics et de l'Économie ont jusqu'à la rentrée pour plancher et inscrire dans le projet de loi de finances de 2020 le mécanisme qui permettra leur financement. Certes, la conjoncture est favorable avec des taux d'intérêt toujours très bas - l'argent n'est pas cher -, une opportunité qui autoriserait Bercy à s'éloigner de l'orthodoxie budgétaire imposée par Bruxelles.

Une facture de 19 milliards d'euros qui va faire basculer le déficit public au-delà des 3% du PIB l'an prochain. Déjà, après les mesures prises suite à la crise des « gilets jaunes », le dérapage du déficit public approchait de 3,2%. Avec ces nouvelles annonces, ce chiffre risque d'être dépassé.

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