France: une manifestante espagnole menacée d'expulsion après le 1er-mai

Le cortège du 1er-mai, à Paris, ici près de la gare Montparnasse (Photo d'illustration).
Le cortège du 1er-mai, à Paris, ici près de la gare Montparnasse (Photo d'illustration). MARTIN BUREAU / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En France, une jeune Espagnole est menacée d'expulsion après la manifestation du 1er-Mai. Cette trentenaire installée en France depuis l'âge de 17 ans avait été interpellée lors d'un contrôle de police avant la manifestation. Il y avait eu 330 arrestations ce jour-là. Elle est aujourd'hui sous le coup d'une obligation de quitter le territoire.

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Camelia n'a même pas eu le temps de manifester mercredi dernier. Lors d'un contrôle aux abords du défilé, des policiers l'arrêtent à cause du bouclier qu'elle tient à la main. Elle y a inscrit cette phrase : « Je suis une utopiste pacifique/Cela ne sert qu’à me protéger/je ne vous attaquerai pas ».

« Camelia est une militante. Elle est active dans le mouvement depuis l’acte 2. Donc, elle a ce bouclier avec elle à chaque fois, ça n’a jamais posé problème, et malheureusement, le 1er-mai, il se trouve que les policiers ont considéré que ça pouvait constituer une arme, alors qu’il est évident que ce n’est pas une arme, mais un simple objet de protection », explique son avocate Norma Jullien Cravotta.

34 heures de garde à vue

Après 34 heures de garde à vue, elle est placée en centre de rétention et se voit assignée une obligation de quitter le territoire français.

Camelia, arrivée en France à 17 ans, représenterait une « menace à l’ordre public ». Selon la préfecture de police, elle serait également « une charge déraisonnable pour l'État français ».

« Ma cliente est manifestante, c’est une pacifiste, poursuit son avocate, pour qui ces motivations sont injustifiées. Elle n’a pas de casier judiciaire, elle ne constitue en aucun cas un trouble à l’ordre public. S’agissant ensuite de la charge irraisonnable, ma cliente est en CDI depuis avril 2017. Elle dispose de ressources financières stables. Elle vit en France depuis 2002. Elle a sa vie privée et familiale sur le territoire français. Donc, ça ne justifie en aucun cas la mesure dont elle a fait l’objet. »

Le cas de Camelia a suscité le soutien d'associations comme le Collectif National pour les Droits des Femmes.

Camelia est désormais libre, en attente de l'examen du recours déposé devant le tribunal d'administration.

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