France / Politique

Les eurodéputés invités par Édouard Philippe: une rencontre qui divise

Le Premier ministre Édouard Philippe a invité les 79 nouveaux euurodéputés français à une rencontre à Matignon le 7 juin 2019.
Le Premier ministre Édouard Philippe a invité les 79 nouveaux euurodéputés français à une rencontre à Matignon le 7 juin 2019. Christophe ARCHAMBAULT / AFP

C'est une rencontre qui divise : moins de deux semaines après les élections européennes, le Premier ministre français Édouard Philippe convie ce vendredi 7 juin les 79 nouveaux eurodéputés français, quelle que soit leur couleur politique. Le gouvernement veut leur présenter les priorités de la France et écouter les leurs. L'initiative ne plaît pas à tout le monde. Plusieurs élus ont décidé de bouder la rencontre.

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Ils se sont affrontés pendant toute la campagne et ce vendredi 7 juin, ils seront assis côte à côte et devront écouter sagement le Premier ministre. Les nouveaux élus macronistes de la liste Renaissance, ceux du Rassemblement national, plus quelques députés Les Républicains et socialistes pourront ensuite suivre toute la journée un « séminaire » où il y aura des séances d'échanges avec une douzaine de ministres et d'anciens eurodéputés.

Une initiative inédite, qui ne fait pas l'unanimité. Les élus Verts, Insoumis et le socialiste Raphaël Glucksman boycotteront la rencontre. « Maladroite », « lunaire », « précipitée », les partis de gauche ne comprennent pas la volonté de la secrétaire d'État aux affaires européennes Amélie De Montchalin de créer une « équipe de France au Parlement européen ». « Une logique de "team building" infantilisante », cingle un écologiste pour qui les députés européens travaillent avant tout pour l'Europe, pas pour leur pays.

Nous n'allons pas assister à une réunion pour écouter patiemment et tranquillement, le discours du Premier ministre et le discours du conseiller Élysée du président de la République. Ils n'ont pas de consignes à nous donner sur la manière avec laquelle nous avons prévu d'exercer notre mandat.

Manuel Bompard, numéro deux de la liste des Insoumis aux européennes

Du côté du gouvernement, c'est la déception et l'on déplore une attitude « politicienne » qui ne permettra pas de faire avancer l'influence de la France au Parlement.

Arrivés en tête du scrutin, les eurodéputés du Rassemblement national emmené par Jordan Bardella seront, eux, bien là. L'occasion était trop belle de s'afficher comme la première délégation française après leur victoire à l’élection. 

Nous participons volontiers à un échange qui sera aussi un débat avec des visions différentes qui s'affrontent.

Nicolas Bay, député européen du Rassemblement national

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