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France / Justice

Procès France Télécom: «Nous n'avions pas affaire à des dérapages à la marge»

L'ex-PDG de France Telecom Didier Lombard, au palais de justice de Paris, le 4 juillet 2019.
L'ex-PDG de France Telecom Didier Lombard, au palais de justice de Paris, le 4 juillet 2019. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après deux mois d'audience, le procès pour harcèlement moral des ex-dirigeants de France Télécom est entré ce jeudi 4 juillet dans sa dernière phase avec les plaidoiries des parties civiles.

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Chez France Télécom, sur tout le territoire, dans chaque centre de cette entreprise de 120 000 salariés les souffrances ont été les mêmes. Dix-neuf employés se sont donné la mort. Et ce ne sont pas des accidents, insiste Sylvie Topaloff. L'avocate des parties civiles le martèle : ces suicides signent une politique générale d'entreprise.

« Ce qu'il était important de montrer, c'est que nous n'avions pas affaire à des espèces de dérapages à la marge de managers de terrain qui auraient mal compris des directives et qui auraient provoqué des catastrophes ; tous les gens qui se sont suicidés l'ont fait dans des contextes identiques : des réorganisations mal gérées, des choses qui n'étaient pas expliquées, des réductions d'effectifs qui perturbaient complètement le travail des gens, des mutations qui leur étaient imposées et pour lesquelles ils n'avaient aucun recours. Cette politique de 22 000 départs, qui est en réalité une énorme opération de destruction de l'emploi, s'est déployée pendant trois ans dans cette entreprise et elle a causé une souffrance inouïe », dénonce Sylvie Topaloff.

France Télécom, aujourd'hui appelée Orange, est la première entreprise du CAC 40 à être jugée pour harcèlement moral. Sur le banc des prévenus, l'ex-PDG Didier Lombard. Pendant de longues semaines se sont succédé les récits des salariés détaillant souvent les mêmes maux.

Ce procès historique a déjà changé les choses, affirme Sébastien Crozier, syndicaliste dans l'entreprise. Depuis deux mois, son téléphone ne cesse de sonner. « Ce que nous constatons depuis l'ouverture de procès, c'est qu'un certain nombre de nos collègues représentants du personnel dans les grandes entreprises, les grandes institutions françaises, nous appellent afin qu'on puisse échanger parce qu'ils ont souvent le sentiment de vivre la même chose que ce qui s'est déroulé il y a dix ans à France Télécom : la violence sociale, la destruction du sens du travail, des méthodes de management destinées à les faire partir », rapporte-t-il.

Les réquisitions du parquet sont attendues ce vendredi. Pour harcèlement moral institutionnel, France Télécom pourrait être condamnée à 75 000 euros d'amende, tandis que son ex-PDG Didier Lombard encourt un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

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