Société/France

PMA pour toutes: «La société a évolué» selon la ministre Agnès Buzyn

Les ministres Nicole Belloubet (Justice), Agnès Buzyn (Santé), et Frédérique Vidal (Recherche) ont défendu le projet de loi de bioéthique présenté en Conseil de ministres, le 24 juillet 2019.
Les ministres Nicole Belloubet (Justice), Agnès Buzyn (Santé), et Frédérique Vidal (Recherche) ont défendu le projet de loi de bioéthique présenté en Conseil de ministres, le 24 juillet 2019. ludovic MARIN / AFP

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté le projet de loi bioéthique du gouvernement. Mesure phare : l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) pour les femmes homosexuelles et les femmes seules. La ministre de la Santé espère « débat apaisé ».

Publicité

L'extension de la PMA (Procréation médicalement assistée) est la première grande réforme sociétale du quinquennat Macron. Présenté mercredi 24 juillet en Conseil des ministres, le texte sera examiné par l'Assemblée à la rentrée.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s'est félicitée de l'engagement tenu par le président de la République. La mesure phare du projet de loi de bioéthique est destinée à réviser la loi de 2011.

Le projet de loi propose l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) pour les femmes homosexuelles et les femmes seules. Elle est déjà possible pour les couples hétérosexuels qui ne parviennent pas à avoir d'enfants. La ministre de la Santé espère « un débat apaisé » avec ce texte, 5 ans après la bataille du « mariage pour tous ».

La « société a évolué, en termes de diversité des modèles familiaux et de leur acceptation », a estimé Mme Buzyn, l'une des trois ministres à porter ce texte, avec Nicole Belloubet (Justice) et Frédérique Vidal (Recherche).

« Nous ne souhaitons absolument pas diviser la société, nous pensons qu’il y a une maturation de la société sur ces questions-là, que ces couples homoparentaux existent déjà » précise-t-elle.

La PMA ne met pas en tension nos valeurs éthiques (...), à l'inverse la GPA pose la question de la dignité et de la marchandisation des femmes...

Agnès Buzyn: la société est prête pour la PMA, pas pour la GPA

Mais la ministre tient également à rassurer ceux qui pourraient craindre que la PMA n'ouvre un droit vers la gestation pour autrui (GPA): « la GPA n’est clairement pas dans le projet de loi parce qu’elle ne soulève pas du tout les mêmes questions éthiques. La GPA pose la question de la dignité et notamment de la marchandisation du corps des femmes. »

Les associations opposées à la PMA se mobilisent

En 2013, ils ont réussi à faire descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes opposées à la légalisation du mariage pour tous. Aujourd’hui, ils entendent se mobiliser contre le projet de loi de bioéthique et sa mesure phare sur la PMA.

Une vingtaine d’associations, dont la Manif pour tous, ont tenu une conférence de presse pour exprimer leur désaccord et appeler à une manifestation à Paris le 6 octobre.

Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous, considère que: « la loi vise à priver délibérément des enfants de leur père (...) Cette absence de père reste une souffrance et aller institutionnaliser cette souffrance est une injustice et c'est la raison pour laquelle nous combattons ce texte ».

Peser dans le débat sur le projet de loi de bioéthique qui doit commencer à être examiné au Parlement en septembre c’est aussi l’objectif de l’association Maires pour l’enfance et de son porte-parole Franck Meyer, qui appelle les élus à la résistance.

« Il me semble que quand l’État choisit d’aller dans une mauvaise direction, il faut absolument que ceux qui représentent la population puissent exprimer une opinion qui soit raisonnable et éclairante pour le gouvernement. Je vais vous citer une personne qui a été élevée par deux femmes et qui dit : « je n’ai pas manqué d’amour, j’ai manqué de père » explique-t-il.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail