France

Demandeurs d’asile: la mise en service de la nouvelle carte ADA reportée

L'ADA est actuellement versée à 151—000 personnes en France (photo d'illustration).
L'ADA est actuellement versée à 151—000 personnes en France (photo d'illustration). CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Ce lundi, l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a repoussé au 5 novembre l'entrée en vigueur d'une réforme de la carte bancaire des demandeurs d'asile. Celle-ci a suscité une controverse par les acteurs sociaux qui y voient un moyen de « pourrir la vie » des nouveaux arrivants.

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L'organisme, sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, a annoncé ce lundi à l'AFP avoir décalé au 5 novembre, soit de deux mois, la mise en place de la réforme, et donné « un délai supplémentaire aux opérateurs [...] pour qu'ils puissent équiper toutes les structures en terminal de paiement ».

Annoncée au creux de l'été, le 23 juillet, par un courriel aux gestionnaires d'établissements d'accueil de migrants, la modification devait être une simple manipulation technique : la carte, sur laquelle est versée chaque mois l'Allocation pour demandeurs d'asile (ADA), allait passer le 5 septembre - la date initialement prévue - d'un moyen de retrait d'argent liquide à une carte uniquement de paiement, sans que le montant de l'ADA ne change.

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Le milieu associatif et les établissements concernés, eux, y ont immédiatement perçu une manœuvre politique visant à décourager le recours à cette aide versée actuellement à 151 000 personnes, pour environ 42 millions d'euros mensuels, ainsi qu'une mesure qui va à l'encontre des besoins des demandeurs d'asile.

Fin juillet, les associations, qui regrettent l'absence de concertation, ont dénoncé le nouveau fonctionnement avec 25 paiements mensuels autorisés (et 50 centimes par paiement facturés au-delà) risque de priver les utilisateurs de liquidités pour « les actes de la vie quotidienne », comme l'achat d'une baguette en boulangerie ou l'accès aux laveries.

Du côté de l'OFII, on avance des raisons pragmatiques : « Les demandeurs d'asile sont en difficulté quand il leur reste moins de 10 euros sur la carte, car ils ne peuvent plus retirer. Or, pour certains, 9 euros ce n'est pas négligeable, ça peut faire 5% de l'allocation », a rétorqué Didier Leschi, le directeur de l'organisme.

200 euros pour un célibataire

Allouée uniquement pendant la procédure, seule aide perçue par les demandeurs d'asile, peut aller d'environ 7 euros par jour, soit quelque 200 euros par mois pour un célibataire, à plus de 400 euros pour un couple avec enfants.

A cette difficulté, poursuit Didier Leschi, il faut ajouter le fait que la « manipulation d'argent liquide peut générer du racket ».

Depuis l'annonce de la réforme de la carte bancaire, la pression pour que l'OFII fasse machine arrière ne s'est pas relâchée.

(avec AFP)

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