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G7 à Biarritz: les ONG organisent leur contre-sommet à Hendaye et Irun

Un affiche annonçant le contre-sommet qui va se tenir à Hendaye durant toute la période du G7 de Biarritz.
Un affiche annonçant le contre-sommet qui va se tenir à Hendaye durant toute la période du G7 de Biarritz. IROZ GAIZKA / AFP

Au sommet du G7, qui se tiendra du 24 au 26 août à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, les ONG répondent, non loin de là, avec « Alternatives G7 ». Une centaine d'organisations ont lancé ce contre-sommet à Hendaye et Irun, des deux côtés de la frontière franco-espagnole, jusqu'au 26 août.

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Au programme : une centaine de conférences, d'ateliers et d'activités diverses. Les ONG à l'origine du contre-sommet « Alternatives G7 » entendent profiter de la venue des chefs d'État et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés de la planète pour se faire entendre eux et leurs propositions.

Ces organisations proposent des alternatives « écologiques, solidaires, antiracistes et anticoloniales ». Si les dirigeants des pays les plus riches du monde veulent vraiment réduire les inégalités, car c'est le thème de ce sommet du G7 en France, il faut qu'ils changent radicalement de politique, disent-elles.

Pour Sébastien Bailleul, délégué général du CRID, un collectif d'associations de solidarité internationale, et porte-parole de la plateforme Alternatives G7, il faut d'abord « lutter contre tous ces leviers qui permettent à de grandes fortunes ou à de grandes multinationales d’aller placer l’argent dans des paradis fiscaux ».

La lutte contre l'évasion fiscale est primordiale à ses yeux, car « cet argent-là, c’est autant d’argent qui ne sert pas à l’intérêt collectif, que ce soit les réseaux de santé, l’éduction, etc. », rappelle-t-il, alors qu'autour de lui les anti-G7 sont sur le pied de guerre et installent leur campement en vue de leur contre-sommet.

Mettre en lumière des alternatives

Alternatives G7 met aussi le projecteur sur les initiatives que de nombreux citoyens mettent déjà en œuvre, et notamment au Pays basque, région qui accueille cette année le G7 et son contre-sommet. Sébastien Bailleul évoque « la volonté d’aller vers une agriculture biologique » contre l'agriculture intensive.

Il s'agit aussi de « pouvoir s’investir dans différentes associations qui viennent en aide aux personnes migrantes qui arrivent sur le territoire », ajoute-t-il, ou bien d'évoquer « la mise en place de monnaies locales », comme on en voit se créer ci et là, pour favoriser un modèle économique équitable.

« C’est simple, on veut faire la démonstration que l’alternative à un système qui est en train de s’écrouler, de détruire la planète et d’augmenter les injustices, c’est nous qui la portons. Et que c'est nous qu’il faut écouter, pas Macron, Merkel ou Trump », explique Thomas Sommer-Houdeville, du mouvement Attac.

Rechercher une convergence des luttes

Claire et Jean-François s'occupent d'accueillir les militants. « On est en cours d’installation, donc les gens qui ont besoin de main-d’œuvre arrivent ici et ceux qui veulent être employés se tiennent aussi ici », expliquent-ils, tandis qu'un peu plus loin, dans les champs, déjà plusieurs dizaines de tentes sont installées.

Arrivée de Grenoble, Noria vient de planter la sienne. « Je suis là en tant que "gilet jaune" de la première heure », dit-elle, installée dans l'espace dédié au mouvement né en novembre 2018 en France au sein du camp, qui s'apprête à abriter entre 2 000 et 5 000 personnes durant le contre-sommet.

« Peut-être qu’il y a des actions menées ici, je pense, je ne sais pas, on verra. Il faut qu’ils nous entendent, parce que le problème n’est pas que français. C’est un problème international », plaide-t-elle. Et de dénoncer un « système de corrompus » et le président Macron, qui « se prend vraiment pour un roi ».

Alternatives G7 a commencé le 19 août et se prolongera jusqu'à la fin du sommet de Biarritz. Au sein du camp dressé pour l'occasion, un autre espace est alloué aux zadistes de Notre-Dames-des-Landes ou à la jeunesse abertzale, mouvance nationaliste basque. Tous veulent ici unir leurs forces et porter une autre voix.

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A chaque fois qu’il va avoir une délégation qui va passer, vingt minutes avant que la délégation passe devant les restaurants, boutiques ou quoi que ce soit, qui ont une terrasse ou une devanture avec des panneaux ou quoi que ce soit, ils doivent tout rentrer, toutes leurs terrasses, tout ça… Fermer, comme s’ils étaient fermés et attendre vingt minutes, après que la délégation soit passée pour tout ressortir. Donc, la plupart des commerçants ont dit que ça ne sert à rien d’ouvrir, on va fermer.

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