Accéder au contenu principal
France

Lutte contre les pesticides: les arrêtés municipaux se multiplient, les recours aussi

Le système d'épandage de glyphosate dans le centre de la France, en 2017 (illustration).
Le système d'épandage de glyphosate dans le centre de la France, en 2017 (illustration). REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les arrêtés municipaux antipesticides se multiplient en France après celui de Langouët en Bretagne, interdisant leur utilisation dans les espaces publics. Et les préfectures contre-attaquent.

Publicité

Pour des raisons sanitaires et environnementales, plusieurs dizaines de maires ont pris un arrêté qui interdit l'utilisation de pesticides à une distance de moins de 150 mètres des espaces publics.

Les maires revendiquent un « effet d'entraînement »

A Sceaux, dans les Hauts-de-Seine près de Paris, le maire UDI a tout bonnement interdit le glyphosate sur toute sa commune. « Des populations qui avaient été soumises à des tests, voyaient leur taux de glyphosate beaucoup plus élevé que la normale, même lorsqu’eux-mêmes avaient des conditions de vie qui étaient tout à fait saines, explique ainsi le maire Philippe Laurent, joint par RFI. Et donc nous considérons que nous devons, dans des cas de salubrité publique, nous substituer d’une certaine manière à l’État, qui ne prend pas toute la mesure du problème que cela peut poser. Nous souhaitons que ce soit totalement stoppé maintenant. »

Mêmes démarches à Malakoff, toujours dans les Hauts-de-Seine, à Pierrelaye dans le Val-d'Oise, où le maire PCF, Michel vallade, après avoir apporté son soutien à Daniel Cueff, a pris un arrêté identique ou encore à Val-de-Reuil dans l'Eure où le maire PS Marc-Antoine Jamet a pris un arrêté antipesticides le jour même où celui de Langouët a été suspendu.

► À écouter aussi : «Les réglementations européennes nous permettent de prendre cet arrêté»

Pour Philippe Laurent, il s'agit de susciter un effet d'entraînement : « J’ai décidé de prendre cet arrêté pour faire effet de masse, pour faire en sorte qu’il y ait plus de maires qui nous suivent. Je voudrais qu’il y en ait 36 000 [...] et que, peu à peu, de plus en plus de gens comprennent que pour chaque décision quotidienne, il faut avoir une dimension écologique et environnementale. »

Les préfectures montent au créneau

Contestés par les préfectures, tous ces arrêtés municipaux devraient aboutir à des recours en justice. On apprend ainsi ce vendredi que la préfecture du Doubs a saisi le tribunal administratif pour demander l'annulation de deux arrêtés municipaux anti-glyphosate.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a promis que l'État imposerait des « zones de non traitement », si riverains, élus et agriculteurs n'arrivaient pas à se mettre d'accord pour établir ensemble des « chartes » territoriales d'épandage. La ministre de l'Environnement, Elisabeth Borne, assure également suivre de très près ce dossier.

En France, l'usage du glyphosate est déjà restreint, interdit depuis début 2019 pour les particuliers et banni depuis 2017 pour les espaces verts publics, rappelle l'AFP. Le gouvernement a promis qu'il serait interdit « dans ses principaux usages » d'ici à 2021 et « pour tous les usages » d'ici à cinq ans.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.