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France

France: Marion Maréchal entretient les spéculations sur son avenir

Marion Maréchal, à la tribune de la «Convention de la droite», à Paris, le 28 septembre.
Marion Maréchal, à la tribune de la «Convention de la droite», à Paris, le 28 septembre. REUTERS/Benoit Tessier
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Marion Maréchal a envoyé samedi un nouveau signe de sa volonté de peser dans le débat politique, sans faire encore le retour que guettent ses soutiens impatients, en réunissant à Paris des figures du conservatisme français, quitte à irriter son parti d'origine, le Rassemblement national.

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Cette très médiatisée « convention de la droite », comme l'ont baptisée les organisateurs, permet à la nièce de Marine Le Pen de continuer à exister dans le coeur de ses sympathisants et de mettre en musique son grand dessein : réaliser l'union des droites en abattant la cloison entre Les Républicains et l'extrême droite.

Dans ce but, ont été conviés le journaliste et écrivain Eric Zemmour, l'autre vedette du jour, un eurodéputé RN en la personne de Gilbert Collard, un député LR, Xavier Breton, le maire de Béziers, Robert Ménard, et une vingtaine d'autres intellectuels
et hommes politiques habitués à naviguer dans les mêmes eaux.

« Je crois que le grand basculement politique auquel nous aspirons s'opérera précisément par ce type d'initiatives, par la multiplication des îlots de résistance au sein de la société civile », a déclaré Marion Maréchal, balayant la perspective
d'« un homme providentiel » ou d'« une femme providentielle ».

« J'entends les impatiences et les frustrations (...) mais qui peut sincèrement imaginer que nos idées arriveront au pouvoir sans avoir préalablement brisé les barrières partisanes d'hier ? », a-t-elle poursuivi en appelant à « bâtir sur le roc » non « sur des coups médiatiques ».

Marion Maréchal, qui n'a pas évoqué 2022, a invité à « rompre définitivement avec la droite des experts-comptables ». « Ce ne sont pas seulement des ambitions de droite, ce sont des ambitions françaises », a-t-elle lancé. L'ex-benjamine de l'Assemblée nationale, qui a mis en 2017 sa carrière politique entre parenthèses, multiplie depuis quelques mois les sorties publiques - interviews, invitation à l'université d'été du Medef (finalement retirée par l'organisation patronale devant le tollé soulevé) et bientôt, le 6 octobre, une apparition dans le cortège contre l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA).

Autant d'interventions à la lisière de la métapolitique, à laquelle la petite-fille de Jean-Marie Le Pen promettait de se vouer il y a deux ans, et de la politique à proprement parler.

En juin, celle qui s'est fait appeler Marion-Maréchal-Le Pen jusqu'à l'an dernier a réuni en toute discrétion des membres de LR, dont au moins un député et un sénateur, pour un dîner contraire à tous les usages en vigueur à droite depuis les
années 1980 - la doctrine officielle est toujours celle du cordon sanitaire autour du parti lepéniste.


► Éric Zemmour, Robert Ménard et Candace Owens

Éric Zemmour a ouvert la réunion samedi à Paris autour de Marion Maréchal, en lançant une violente charge contre l'islam et les immigrés « colonisateurs ».
Récemment condamné pour provocation à la haine religieuse, Eric Zemmour, qui était à Perpignan lundi aux côtés du député RN Louis Aliot, a jugé que les « problèmes aggravés par l'immigration sont aggravés par l'islam », dans un discours très violent contre les immigrés « colonisateurs » et « l'islamisation de la rue ».

« Entre vivre (et vivre) ensemble, il faut choisir », a-t-il dit en citant Renaud Camus, adepte de la thèse complotiste et controversée du « grand remplacement » de la population européenne et chrétienne par une population immigrée et musulmane. « Le retour en arrière ne fait pas un avenir. (...) Tout cela ne rassemble que les craintifs », lui a rétorqué l'essayiste Raphaël Enthoven, seul contradicteur à s'exprimer. « Retournez en Algérie » a lancé quelqu'un dans la salle, qui l'a sifflé quand il a évoqué la nécessité d'« assumer les crimes contre l'humanité » pour ne pas « donner à la francité tous les attributs du communautarisme ».

À rebrousse-poil d'une réunion présentée comme un simple échange d'idées, le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le RN, a lancé aux participants: « Il faut arrêter de parler de la politique. Il faut que vous en fassiez » pour « se confronter au réel ». Il a fustigé le « pessimisme » d'une droite « qui a la trouille ».

La réunion a été conclue par la polémiste américaine, grand soutien de Donald Trump, Candace Owens, citée comme son inspiratrice par le tueur de Christchurch, qui a tué 50 fidèles dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise en mars. Une présence qualifiée de « coup de maître » par le quotidien  Le Figaro qui consacrait vendredi un portrait à cette « Trumpiste de coeur, star des réseaux sociaux anglophones, où ses déclarations iconoclastes sur la question raciale font un tabac ». « En invitant Candace Owens à la tribune de sa convention, Marion Maréchal surprend tout le monde et frappe là où ça fait mal. Mieux, elle bouleverse les codes de la pensée unique, dont l'un des postulats fondamentaux est qu'on ne peut pas être noire et de droite », juge Le Figaro.

La polémiste américaine Candace Owens a conclu la «Convention de la droite» par un discours.
La polémiste américaine Candace Owens a conclu la «Convention de la droite» par un discours. REUTERS/Benoit Tessier

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