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France

Attaque à la préfecture de Paris: les derniers éléments de l'enquête

Les enquêteurs cherchent d'éventuels complices dans les milieux radicaux.
Les enquêteurs cherchent d'éventuels complices dans les milieux radicaux. Fred de Noyelle/Getty Images
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alors qu'un hommage est rendu à Damien Ernest, Anthony Lancelot, Brice Le Mescam, et Aurélia Trifiro, les quatre victimes de l'attaque survenue à la préfecture de police de Paris, jeudi 3 octobre, l'enquête se poursuit pour comprendre le profil de l'auteur de cette attaque Mickaël Harpon.

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Au coeur des investigations, il y a cette clé USB de grande capacité contenant à la fois de la propagande jihadiste et les coordonnées personnelles de plusieurs collègues de Mickaël Harpon. Cette clé a été retrouvée, non pas au domicile de l’assaillant, mais dans le caisson de son bureau, sur son lieu de travail à la préfecture de police.

A ce stade : impossible de dire quel usage il entendait faire de ces fichiers, ni pour quelles raisons cette propagande et ces coordonnées de policiers, étaient mêlés. Mickaël Harpon était spécialisé dans le recueil d’informations notamment sur la radicalisation jihadiste et cette documentation a pu être simplement tirée des serveurs de la direction du Renseignement, son service. Elle pourrait alors se limiter à un aspect purement professionnel.

La clé USB qui inquiète

L'enquête ne fait que commencer. Le contenu de cette clé USB est toujours en cours d'exploitation. Reste désormais à connaître la nature des données personnelles retrouvées, déterminer s'il s'agit par exemple d'un annuaire de service ou alors, et ce serait bien plus inquiétant, s'il s'agit de données collectées à dessein par Mickaël Harpon.

C'est une vraie question qui agite et inquiète la sphère policière. Dans la tragique affaire de Magnanville, les investigations n'ont jamais permis d'élucider comment le tueur Larossi Abballa avait pu se procurer l'adresse personnelle du couple de policiers. Dans le cas de Mickaël Harpon, l'hypothèse qu'il ait pu profiter de sa position pour usurper des informations confidentielles sur ses collègues est bien réelle. Il était habilité secret défense. Et cela vient alimenter les peurs et les craintes de tous les services de renseignements. Car si jamais ces données ont fuité et si elles sont tombées on ne sait entre quelles mains, alors, c'est toute la direction du renseignement de la préfecture de police, service spécialisé dans la détection des signaux faibles, qui serait menacée et durablement affaiblie.

Le profil de l'assaillant

Les investigations tentent de déterminer quel était le degré de radicalisation islamiste de Mickaël Harpon. Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard, indiquait dimanche qu'un rapport interne brosse le portrait d'un homme de 45 ans bien intégré, dont le comportement, malgré quelques signaux, n'avait pas inquiété sa hiérarchie. Originaire de Martinique il s'est converti il y a une dizaine d'années à l'islam, une note de service indique cependant qu'il ne priait pas au bureau. En revanche il aurait eu une vive querelle avec un collègue après l'attentat contre Charlie Hebdo, il aurait déclaré: «c'est bien fait !», incident dont l'institution policière a été informée, sans qu'il y ait de conséquences.

Il est aussi établi qu'il était en contact avec plusieurs individus susceptibles d'appartenir à la mouvance salafiste. Les enquêteurs s'interrogent aussi sur d'autres aspects de cette personnalité, le fait qu'il souffrait de troubles auditifs lourds, un handicap qui aurait pu générer certaines frustrations. Sa femme qui a été libérée, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle a indiqué aux policiers un comportement inhabituel et agité de son mari la veille de la tuerie, le décrivant comme possédé.

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