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France

Procès du Mediator: le témoignage clé du docteur Irène Frachon

Le docteur Irène Frachon était la témoin clé entendue dans le procès du Mediator, le 16 octobre 2019.
Le docteur Irène Frachon était la témoin clé entendue dans le procès du Mediator, le 16 octobre 2019. BERTRAND GUAY / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Trois semaines après le début du procès du Médiator, du nom de ce médicament présenté comme un adjuvant au diabète et mis en cause dans des centaines de morts, c'est une témoin clé qui a été entendue ce mercredi 16 octobre : le docteur Irène Frachon, la pneumologue à l’origine de la révélation du scandale.

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Au Tribunal de Paris, Laura Martel

Dans cette affaire, les laboratoires Servier sont accusés d’avoir sciemment dissimulé les propriétés réelles du Mediator et les risques associés par intérêts économiques. L’agence du médicament est, elle, poursuivie pour avoir tardé à le retirer.

Pendant 4 heures, la pneumologue de Brest, Irène Frachon, a expliqué comment, de ses premières suspicions en 2007 à la révélation du scandale en 2010, elle a mis au jour la toxicité du Médiator. C'est un témoignage à mi-chemin entre le cours de médecine et l’enquête policière.

« Ce qui me fait froid dans le dos, c’est que ça n’a tenu qu’à un fil », souligne-t-elle. En février 2007, lorsqu’elle s’aperçoit qu’une patiente atteinte d’une rarissime hypertension artérielle pulmonaire, ou HTAP, est sous Médiator, « deux petites choses seulement » la font « tiquer », dit-elle.

Dans un premier temps, le souvenir de l’affaire de l’isoméride, un coupe-faim de Servier à l’origine de nombreux cas d’HTAP, retiré du marché en 1997 comme d’autres dérivés des amphétamines. Puis dans un second temps, sa lecture de la revue Prescrire, qui alerte que le Médiator est bien un dérivé amphétaminique.

C’est le point de départ de trois ans d’investigation sur le Médiator et ses liens avec de graves maladies du coeur et du poumon. Jusqu’à découvrir « l’impensable », dit-elle, « que des patients ont été exposés à des doses toxiques de poison en toute connaissance de cause » par Servier, qui connaissait la toxicité du Mediator depuis au moins 1993.

Des conséquences irrémédiables pour les malades

Quant à l’attitude du laboratoire durant les trente années de commercialisation du Médiator puis face aux lanceurs d’alerte, Irene Frachon dénonce dissimulation, manipulation et pressions.

L’agence du médicament, elle, est restée « pétrifiée » critique-t-elle. Un exposé clos sous les applaudissements de la salle, vite interrompus par la présidente. Durant 3 heures d’échanges tendus avec la défense, la pneumologue défendra ensuite sa ligne pied à pied. Elle a aussi particulièrement insisté sur les conséquences souvent irrémédiables pour ces malades.

« Elle nous parle des victimes, de Marie-Claude, de Martine. Ça fait quelques semaines que l'on parle du Mediator mais derrière des techniciens, des chiffres, des études, des enquêteurs de l'Igas (...) il y a une réalité humaine, c'est des victimes. Des gens qui sont morts, qui se sont fait opérer, des douleurs, des souffrances et ça le docteur Frachon le remet sur la table au milieu du débat », a commenté Maître Joseph-Oudin, avocat de quelque 250 victimes.

« Ce n'est pas un procès de technicien. C'est d'abord un procès de victimes qui ont souffert et à qui on a menti », a-t-il conclu.

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