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France

Chez «Valeurs actuelles», Macron chasse à droite

Le président Macron à Paris le 29 octobre 2019.
Le président Macron à Paris le 29 octobre 2019. Ian Langsdon/Pool via REUTERS

C’est un choix qui étonne jusque dans les rangs de la majorité. Immigration, communautarisme, voile : Emmanuel Macron s'explique ce jeudi 31 octobre dans les colonnes du magazine d'opinion hebdomadaire Valeurs actuelles.

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L’entretien, accordé par le président il y a quelques jours, lors de son déplacement à Mayotte et à La Réunion, après les polémiques sur le voile et les listes communautaires mais avant l’attaque de Bayonne, suscite l’émoi.

Rien de neuf sur le fond. Malgré 12 pages d’entretien, Emmanuel Macron revient sur des idées qu’il a déjà détaillées : volonté de lutter contre le communautarisme, en évitant le piège « communautarisme = islam » ; nécessité de mieux combattre l’immigration illégale, en réduisant les délais d’instruction des dossiers.

Sur la question du voile, sensible depuis dix jours, Emmanuel Macron parle d’un échec du modèle français, mais insiste : le problème n’est pas « la maman qui porte un voile », mais « les enfants qui sont déscolarisés ».

Le choix de parler à un journal classé à l’extrême droite

Le tollé vient en fait de la décision du président d’accorder un entretien à un journal réputé d’extrême droite. À sa Une la semaine dernière : « Le voile ou la France ». En 2015, le journal avait été condamné pour incitation à la haine raciale pour un dossier sur la communauté rom.

« Ce qui compte dans cette affaire, ça n’est pas le fond de l’interview, puisqu'il n’y a absolument rien, c’est le choix de parler à un journal d'extrême droite. Lorsqu'il fait cela, le président de la République sait très bien ce qu’il fait, c’est donc un signal politique qu’il envoie », estime notamment Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste français.

Des critiques frontales venues de la gauche (PCF, PS, etc.), mais un malaise aussi au sein de la majorité ; les députés macronistes venus de la gauche ne décrochent plus leur téléphone depuis l’annonce de l’entretien, et rares sont les élus LaREM à défendre le choix du président.

« Ce n’est peut-être pas le premier choix que j’aurais fait, mais j’ai été convaincu par ce que j’ai lu », assure toutefois Ludovic Mendes. « Le président a vocation à dialoguer avec l’ensemble des citoyens, y compris ceux qui ne partagent pas les convictions qui sont les nôtres », tranche la porte-parole du gouvernement, qui revendique un exercice de pédagogie nécessaire du chef de l’État.

Une stratégie pour parler aux électeurs des droites

Pour Bruno Cautrès, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), le choix d’Emmanuel Macron est réfléchi et ne doit rien au hasard à cinq mois des municipales et à deux ans et demi de la présidentielle.

« Sur les questions économiques, Emmanuel Macron a déjà prouvé sa capacité à aller chercher des électeurs de centre droit. En parlant à Valeurs actuelles, il vient couvrir une autre dimension du spectre idéologique de droite. Une manière de consolider le socle électoral de droite qui a clairement voté pour lui aux élections européennes », estime le politologue.

« C’est vrai qu’il va sur notre terrain, mais la différence se fera sur sa capacité ou non à prendre des décisions », se rassure le député LR Julien Aubert, qui rappelle qu’il y a deux ans, la majorité LaREM avait refusé toute révision de l’Aide médicale d’État.

Seul parti à être toutefois cité par le chef de l’État dans l’entretien : le Rassemblement national de Marine Le Pen. Une manière, encore une fois, de désigner le véritable adversaire.

► À lire aussi : Macron parle immigration, communautarisme et voile dans Valeurs actuelles

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