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France / Droit des femmes

France: mobilisation historique pour dénoncer les violences faites aux femmes

Près de 49000 personnes ont manifesté dans les rues de Paris contre les violences faites aux femmes le 23 novembre 2019.
Près de 49000 personnes ont manifesté dans les rues de Paris contre les violences faites aux femmes le 23 novembre 2019. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Des manifestants en nombre, dont 49 000 à Paris (selon le cabinet Occurence), ont battu le pavé ce samedi 23 novembre à travers la France lors d’une mobilisation historique pour dire « stop » aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides dont le nombre (116 au moins depuis le début de l'année) suscite une indignation sans précédent dans le pays.

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« Féminicides, pas une de plus », pouvait-on lire sur une pancarte dans le cortège parisien, composé de femmes en majorité mais aussi d'hommes, qui a rassemblé 49 000 personnes, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias.

Le collectif #NousToutes, organisateur, a salué « la plus grande marche de l'histoire de France contre les violences » sexistes et sexuelles, évaluant à 150 000 personnes environ le nombre de manifestants sur l'ensemble de la France, dont 100 000 à Paris. L'an passé, près de 50 000 personnes s'étaient rassemblées fin novembre, dont 30 000 à Paris selon les organisatrices, la police ayant compté de son côté 12 000 manifestants dans la capitale.

La foule est dense depuis la place de l’opéra jusque celle de la Nation. Nombreux sont ceux qui ont souhaité marcher contre les violences faites aux femmes et parmi eux, quelques familles, dont celle d’Aurélie Sol, venue défiler avec ses deux jeunes fils...

Reportage dans la manifestation parisienne.

116 femmes tuées depuis le début de l'année

Nombre de manifestants brandissaient des panneaux affichant la photo de leur proche assassinée et une grande banderole s'élevait contre une « justice complice », tandis qu'une multitude de pancartes proclamaient : « Ras le viol », « Brisons le silence, pas les femmes »...

Depuis le début de l'année 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte. Le collectif féministe « Féminicides par compagnons ou ex » a lui dénombré 137 femmes tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier. Sur toute l'année 2018, le chiffre avait atteint 121 femmes victimes, selon le ministère de l'Intérieur.

« Ça fait trop longtemps qu'on est dans un déni individuel et collectif », a estimé Cathy Augier, 53 ans, interrogé dans le cortège parisien. « On est des millions à avoir vécu les mêmes choses. Un jour, un type a mis son sexe dénudé contre moi et personne n'est intervenu. Il y a tant d'histoires horribles et de femmes qui font avec. Mais il faut que ça cesse », a-t-elle ajouté.

Le problème, c'est qu'il y a le moment où un gouvernement prend des mesures et le moment où elles sont appliquées...

Najat Vallaud Belkacem. En tant que ministre des Droits des femmes, elle a lancé en 2013 un plan triennal de lutte contre les violences.

Clôture d'une vaste consultation

Cette mobilisation survient juste avant la clôture lundi d'une vaste consultation sur les violences conjugales, lancée début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau. Le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit y annoncer une quarantaine de mesures.

Une trentaine de marches étaient également organisées dans le reste de la France, notamment à Toulouse, où la marche a rassemblé plusieurs centaines de manifestants.

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