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France

Retraites: le gouvernement retire provisoirement l'âge pivot du projet de loi

Le Premier ministre français Édouard Philippe à Paris, le 11 décembre 2019.
Le Premier ministre français Édouard Philippe à Paris, le 11 décembre 2019. Thomas Samson/Pool via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le gouvernement est « disposé à retirer » provisoirement l'âge pivot de 64 ans du projet de loi sur la réforme des retraites tout en conservant le principe d'un âge d'équilibre, a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe dans un courrier adressé ce samedi aux organisations syndicales et patronales.

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« Pour démontrer ma confiance envers les partenaires sociaux, et ne pas préjuger de l'issue de leurs travaux concernant les mesures à prendre pour atteindre l'équilibre en 2027, je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure de court terme que j'avais proposée, consistant à converger progressivement à partir de 2022 vers un âge d'équilibre de 64 ans en 2027 », a écrit le chef du gouvernement dans sa lettre, au 38e jour de la mobilisation contre cette réforme.

Dans l'hypothèse où un accord ne pourrait intervenir lors de la conférence sur l'équilibre et le financement des retraites, qui doit remettre ses conclusions « d'ici la fin du mois d'avril », le gouvernement « prendra par ordonnance les mesures nécessaires pour atteindre l'équilibre d'ici 2027 et financer les nouvelles mesures de progrès social ».

« Je prendrai mes responsabilités »

« Je veux être parfaitement clair sur ce point: je prendrai mes responsabilités », a insisté le Premier ministre. Si, en revanche et comme l'« espère » Édouard Philippe, un accord intervient au sein de la conférence d'ici fin avril, « le Parlement pourra en tenir compte lors de la seconde lecture et le gouvernement prendra une ordonnance transcrivant cet accord dans la loi ».

Dans ce cas, le gouvernement modifiera le projet de loi pour demander au Parlement une habilitation large lui permettant de prendre par ordonnance toute mesure permettant d'assurer l'équilibre du système de retraite à l'horizon 2027.

« Le projet de loi prévoira que le futur système universel comporte un âge d'équilibre », souligne le Premier ministre, ajoutant que cela permettra à de nombreux Français « qui partent aujourd'hui entre 64 et 67 ans » d'éviter une décote.

La CFDT salue le retrait de l’âge pivot

Le chef du gouvernement propose par ailleurs que la conférence de financement, réclamée par la CFDT, soit animée par Jean-Jacques Marette, ancien directeur général de l'Agirc-Arrco. La date de fin avril permettra que les conclusions de la conférence soient prises en compte avant le vote du projet de loi sur la réforme des retraites en seconde lecture.

La CFDT a salué la proposition du Premier ministre, y voyant une marque de « la volonté de compromis du gouvernement ». La centrale réformiste de Laurent Berger, qui avait fait du maintien de cette mesure un casus belli, indique dans un communiqué avoir « pris connaissance du courrier envoyé aujourd’hui par le Premier ministre » dans lequel il fait cette proposition. « Dans cet esprit, la CFDT va poursuivre les discussions dans le cadre proposé pour répondre aux interrogations qui demeurent sur le futur régime universel. »

Emmanuel Macron a pour sa part salué « un compromis constructif et de responsabilité » a indiqué l'Élysée.

Trente-huitième jour de conflit en France, ce samedi 11 janvier.
Trente-huitième jour de conflit en France, ce samedi 11 janvier. Reuters/Gonzalo Fuentes

► Mobilisation dans la rue pour le retrait de la réforme

Au 38e jour de mobilisation contre le projet de réforme, plusieurs milliers de manifestants, 150 000 selon la CGT et 21 000 selon le ministère de l'Intérieur, ont défilé en début d'après-midi dans la capitale entre les places de la Nation et de la République, rejoints par des centaines de « gilets jaunes », avec banderoles et couronnes de fleurs en hommage au livreur mort après avoir été interpellé par les forces de l'ordre, Cédric Chouviat. Parmi les slogans: « Castaner en enfer », « Macron démission ». D'autres manifestations avaient lieu partout en France.

Devant le cortège syndical bon enfant, plusieurs centaines de manifestants, dont certains masqués ou cagoulés, ont brisé des vitrines, saccagé une banque, incendié du mobilier urbain et jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. La police faisait part de sept interpellations à 17h30.

Les avocats dans le cortège parisien, samedi 11 janvier.
Les avocats dans le cortège parisien, samedi 11 janvier. RFI/Elisa Drago
Une banderole sur le parcours de la manifestation à Paris.
Une banderole sur le parcours de la manifestation à Paris. RFI/Elisa Drago

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