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Benjamin Griveaux, de figure de la macronie à candidat déchu

Benjamin Griveaux lors de l'annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, le 14 février 2020.
Benjamin Griveaux lors de l'annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, le 14 février 2020. LIONEL BONAVENTURE / AFP
5 mn

Figure de la macronie, Benjamin Griveaux a retiré sa candidature à la mairie de Paris ce vendredi 14 février 2020. Ancien socialiste, son parcours politique a connu un tournant lorsqu’il est entré dans le cercle restreint d’Emmanuel Macron, pour la création de la République en marche (LaREM).

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« Je ne souhaite pas nous exposer davantage, ma famille et moi, quand tous les coups sont désormais permis », a déclaré ce vendredi 14, Benjamin Griveaux. Dénonçant une « attaque ignoble », celui qui était classé 3e dans les sondages, a décidé de retirer sa candidature à l’élection municipale parisienne suite à la mise en ligne d'images privées à caractère sexuel.

Fils d’un notaire et d’une mère avocate, il entre en politique au parti socialiste. Avant de devenir une figure de la politique française, le candidat déchu a fait ses armes localement. C’est en Saône-et-Loire que l’homme de 42 ans décroche ses premiers mandats. Élu tout d’abord conseiller municipal de Chalon-sur-Saône, puis conseiller général en 2008, sous la présidence d'Arnaud Montebourg, il a ensuite rejoint le cabinet de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en 2012.

Mais c’est sa présence dans les cercles strauss-khaniens dès 2003, et sa participation à la campagne de Dominique Strauss-Khan à la primaire de 2006 qui lui aura vraiment servi d’ascension. C’est à cette époque, dans les rangs des « DSK Boys » qu’il rencontre des personnes telles que Cédric O (secrétaire d'État chargé du Numérique), Stanislas Guérini (délégué général LaREM et député de Paris), ou encore Ismaël Emelien (ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron). C’est notamment ce dernier qui l’invitera en 2015 à rejoindre le commando d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie de François Hollande, pour la création de La République en marche et la préparation de la présidentielle.

Un fidèle du président

Depuis son entrée dans le cercle macroniste, il n’en est plus parti. Il se rend rapidement indispensable et débute en tant que porte-parole de La République en marche avant d’être élu député en 2017. Son passage au palais Bourbon sera très court. Un mois après son élection, il entre dans le gouvernement d'Édouard Philippe en tant que secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, jusqu’au 24 novembre 2017, moment auquel il accède au poste de porte-parole du gouvernement.

Son ascension politique n’a pas été sans remous. Le 5 janvier 2019, alors que les tensions montent durant l’acte VIII des « gilets jaunes », un groupe de manifestants enfonce la porte de son ministère avec un chariot élévateur. « La première fois qu’un ministre de la Ve République est contraint de s’enfuir de son bureau en courant », écrit Le Monde, le 18 janvier 2019.

La course à la mairie

Le 27 mars 2019, il quitte le gouvernement pour se consacrer à la campagne municipale parisienne, emportant avec lui l’image d’un porte-parole cinglant et provocateur. Investi par le parti présidentiel, il s’élance ainsi dans une campagne plus que périlleuse. Une campagne plombée par un conflit fratricide avec Cédric Villani (député de l'Essonne), une forte opposition des « gilets jaunes » qui n’hésitaient pas à perturber ses évènements et des révélations du Point sur des commentaires insultants envers ses concurrents à l’investiture LaREM, sa candidature peine à décoller.

Malgré les soutiens répétés des ténors de la majorité et les veines tentatives de rallier le candidat dissident, qui a apporté « son soutien plein et entier » à Benjamin Griveaux, les intentions de vote en sa faveur ne dépassent pas les 16 %. Alors que LaREM bénéficiait d’une position favorable au vu des résultats des précédentes élections dans la capitale, le duel Griveaux-Villani entraîne les deux hommes vers le fond, au profit d’Anne Hidalgo, l'actuelle maire de Paris, qui conserve sa position dominante.

Jusqu’à ce vendredi 14 février, le candidat Griveaux a mené sa campagne tant bien que mal, mais la divulgation publique d’images privées à caractère sexuel l’aura poussé à renoncer aux élections des 15 et 22 mars prochain. « Ce torrent de boue m’a affecté », a-t-il déclaré.

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