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Reportage

Coronavirus: en Bretagne, comment instits et élèves appréhendent les cours à la maison

Dans une école maternelle à Plougasnou, dans le Finistère.
Dans une école maternelle à Plougasnou, dans le Finistère. RFIAnne Bernas
6 mn

Dès lundi en France, pour lutter contre la propagation du coronavirus, élèves et étudiants ne vont plus s’asseoir sur les bancs de classes jusqu’à nouvel ordre. En Bretagne, 612 000 élèves et 128 000 étudiants sont concernés. Comment se présente cet événement exceptionnel ? Le point dans la région de Morlaix, dans le Finistère.

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« Je suis trop content ! C’est trop bien ! » À l’instar de Martin, élève de CE1 à Plougasnou, la majorité des enfants se sont réjouis jeudi soir des mesures prises par le président Macron concernant les fermetures d’écoles. Pourtant, la fin de la récré va bientôt sonner, car dès ce lundi les cours doivent être assurés à distance, de la maternelle au lycée.

« L’ambiance était vraiment particulière, raconte Céline, professeur des écoles à Plouigneau. On rangeait les affaires comme si les grandes vacances débutaient. Mais le cœur n’y était vraiment pas. C’était morose… »

Noé, collégien de 13 ans à Morlaix, a réalisé qu’il ne pourrait pas passer ces semaines entre Netflix et la console de jeux Nintendo Switch, « parce qu’en fait, maman sera là tout le temps ». Son grand-frère, qui passe le bac cette année, sait d’ores et déjà que certains cours seront assurés aux jours et aux heures habituelles, même les cours qui débutent à 8h. Dans son lycée, ils ont obtenu les codes d’accès pour suivre certaines matières grâce au Cned, le Centre national d’enseignement à distance. Des exercices en ligne adaptés aux programmes et une « classe virtuelle » où le professeur peut faire cours à ses élèves par visioconférence. Les élèves ont aussi à leur disposition le réseau intranet de leur collège ou lycée. Ce système a d’ailleurs déjà été utilisé dans les clusters du Morbihan.

Ne laisser aucun élève sur le bord de la route

Mais les contours de cette mesure restent quelque peu flous pour le moment, principalement pour les enseignants du primaire qui n’utilisent que très rarement ce genre de méthode à la différence de ceux du secondaire.

Autre écueil : en zones rurales, loin des grandes villes, la connexion internet est bien souvent très aléatoire. Et tous les foyers ne sont pas équipés d’ordinateurs. Dans un communiqué commun vendredi soir, le ministère de l'Éducation nationale et l'Association des maires de France (AMF) ont rappelé que « partout où cela est nécessaire, les mairies et certaines écoles organiseront des permanences afin de transmettre aux élèves qui ne disposent pas d'un équipement adapté ou d'une connexion internet suffisante des ressources pédagogiques en format papier préparées par les professeurs ».   

« Dans mon école, raconte Céline, si ce cas se produit, nous remettrons en effet en mains propres les supports de cours aux parents concernés. L’équipe éducative va se retrouver lundi pour mettre les choses en place, pour le moment les infos que nous avons sont parcellaires. »

Certains professeurs appréhendent aussi les différences de niveaux qui se feront sentir lors du retour effectif en classe. Scolairement en effet, tous les parents ne sont pas capables d’aider leurs enfants, quels que soient leurs âges. « 5% des familles n'ont pas le niveau internet » pour pouvoir faire l’enseignement, note Emmanuel Ethis, recteur de l'académie de Rennes. Il va pourtant falloir ne laisser personne au bord du chemin.

Des exceptions pour certains enfants

Comme dans le reste du pays, pour que l'appareil de santé reste en état de fonctionnement, une dérogation a été faite aux enfants de soignants. « Un recensement a été fait et potentiellement, un peu moins de 100 000 enfants jusqu'à 16 ans pourront être accueillis », a annoncé la préfète de Bretagne, Michèle Kirry, lors d'une conférence de presse vendredi. « Il y en a dans chaque classe, dans chaque école, explique Céline. Leur garde sera faite sur la base du volontariat. » Les écoles devraient en accueillir entre huit et dix chacune.

Si la machine semble donc plus ou moins bien huilée pour les enseignants, il n’en va pas de même pour les assistants maternels qui gardent les enfants à leur domicile. Mathilde* en fait partie, elle s’occupe d’enfants en bas âges dans la région de Morlaix. « On nous dit en gros que nous, nous ne craignons rien ! Aucune mesure n’a été prise à notre sujet alors que chaque jour, nous nous occupons d’enfants qui en côtoient d’autres, etc », s’insurge-t-elle. Cette assistante maternelle va donc continuer le travail qu’elle aime, mais regrette vivement l’absence de soutien de l’État et les non-réponses à ses interrogations.

La Bretagne a été parmi les premières régions dans lesquels des « clusters » ont été détectés (dans le Morbihan). Selon la préfecture, la région comptait vendredi soir 13 mars trois décès et 157 cas confirmés de Covid-19. Vingt-deux cas ont été recensés dans le Finistère par l’ARS, en date du 13 mars.

« Bonnes vacances », s’exclamaient nombre de parents face aux professeurs vendredi soir à la sortie des classes. Une période inédite démarre ce 16 mars et visiblement ressemblera, pour les enfants, les enseignants et les parents, à tout sauf à des vacances.

*Le prénom a été changé

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