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Municipales: le maintien des élections suscite la polémique politique, à la veille du scrutin

Gérard Larcher, président du Sénat, à Paris, le 12 mars 2020.
Gérard Larcher, président du Sénat, à Paris, le 12 mars 2020. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le gouvernement français a renforcé samedi soir de manière spectaculaire les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus avec fermeture des restaurants, des cafés et de tous les commerces non indispensables. Mais il maintient le premier tour des élections municipales ce dimanche. Les appels au report de la part de plusieurs leaders politiques se sont multipliés hier soir jusque dans la nuit.

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« Sur ce sujet des élections municipales, nous avons à nouveau sollicité le conseil scientifique au regard des dernières évolutions de l'épidémie. Ils nous ont confirmé que le premier tour pouvait se dérouler demain en respectant strictement les consignes de distanciation et de priorisation des personnes âgées et des personnes fragiles », a déclaré samedi en fin de journée le Premier ministre, Édouard Philippe, qui détaillait par ailleurs les nouvelles mesures touchant à la vie sociale. Il confirmait ainsi la décision annoncée jeudi soir à la télévision par le chef de l'État du maintien du scrutin.

Or, cette décision avait elle-même été prise après consultation de plusieurs responsables politiques. Ainsi, le président du Sénat Gérard Larcher avait affirmé, lors d'un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, sa ferme opposition à un report du scrutin. François Baroin (président de l'association des maires de France) et Christian Jacob (président des Républicains) ou encore Laurent Fabius (président du Conseil constitutionnel), y étaient également opposés. Au bout du compte, le président de la République, selon plusieurs médias, aurait été convaincu de maintenir l'élection alors qu'il aurait été lui-même favorable à un report.

Après l'allocution du chef du gouvernement samedi soir, à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote, de nombreux leaders politiques, élus, présidents de régions, maires, de tous bords, ont alors élevé la voix, sur les réseaux sociaux notamment, pour faire part de leur incompréhension face à ce maintien. Car, entre vendredi et samedi, la France passait du stade 2 au stade 3 de l'épidémie.

Les présidents de six régions - Xavier Bertrand (Hauts de France), Valérie Pécresse (Ile-de-France), Carole Delga (Occitanie), Renaud Muselier (PACA), Gilles Simeoni (Corse) et Hervé Morin (Normandie) - ont appelé à un report du scrutin, dans la foulée des nouvelles mesures de confinement annoncées par Edouard Philippe samedi soir. « Il était légitime de maintenir le souffle démocratique de notre Nation ! Mais ce soir, face aux faits, il devient raisonnable, cohérent et même nécessaire de reporter le scrutin #municipal. Il devra se tenir une fois l'épidémie vaincue collectivement », a ainsi écrit sur Twitter Renaud Muselier (LR), par ailleurs président de l'association des régions de France.

De son côté, le Parti socialiste a considéré que la « gestion erratique » de la crise du coronavirus « crée les conditions d'une remise en cause du rendez-vous démocratique qui doit se tenir demain ». « Les dernières annonces de Philippe font peser un risque sur la participation et donc sur la sincérité du scrutin », a pour sa part déploré auprès de l'AFP le secrétaire national d'EELV Julien Bayou.

Les bureaux de vote doivent ouvrir à 8h demain matin et fermer à 18h ou 20h selon les communes. Le second tour doit se tenir le 22 mars. Or, comme le rappelle Libération, si la France suit les courbes de progression du Covid-19 en Italie ou en Espagne, le pic de l’épidémie se situe entre le 20 et le 23 mars, soit pile au moment du deuxième tour.

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