Coronavirus: quelle quarantaine pour ceux qui entrent en France?

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, ici, le 19 avril 2020.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, ici, le 19 avril 2020. Thibault Camus/Pool via REUTERS

Sans surprise, le Conseil des ministres a prolongé l’état d’urgence sanitaire qui était entré en vigueur le 24 mars. Il est prorogé car sa levée le 23 mai « serait prématurée », « les risques de reprise épidémique » étant « avérés en cas d’interruption soudaine des mesures en cours », explique le gouvernement. Parmi les mesures annoncées, il y a celles de mise en quarantaine et d’isolement pour ceux qui entrent en France.

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Il y a deux hypothèses. La personne ne présente pas de symptôme avéré. Par prudence, elle devra observer une quatorzaine. Ce confinement sera organisé « avec les moyens de l'Etat ». Olivier Véran annonce que les conditions « de durée, de lieu, de suivi sanitaire, de restrictions des sorties » seront arrêtées « après avis du conseil des scientifiques ». Un décret doit encore préciser tout cela.

Autre cas de figure, les gens diagnostiqués positifs au coronavirus sur constatation médicale. Ceux-là seront placés à l’isolement pour 14 jours. Attention, prévient le gouvernement, « il peut être prévu des mesures de contrainte s’ils refusent ». Toutefois, les récalcitrants pourront exercer un recours devant le juge des libertés et de la détention « qui statuera dans les 72 heures ». Le juge pourra également s'autosaisir. Au maximum, la durée de l’isolement ne pourra excéder un mois.

Qui est donc concerné ?

Le ministre de la Santé a parlé de « Français partis à l'étranger » et « qui souhaitent revenir ». Mais sont-ils les seuls ? Pour être sûr, nous avons demandé des précisions à Matignon. Voilà sa réponse : « Cela pourra s’appliquer à toutes les personnes qui arrivent après avoir séjourné dans une zone de circulation de l’infection ».

Etant donné que le monde entier est touché, tout laisse penser que tous les arrivants en France seront concernés.

Pour les malades infectés et qui vivent déjà en France, « nous faisons le choix de la responsabilité des Français », dit le ministre de la Santé alors que son collègue de l’Intérieur lance un appel au « civisme ». Le gouvernement n'a donc pas arrêté de dispositif pour imposer l'isolement à quelqu'un qui serait malade.


♦Témoignage

90% des Européens bloqués hors de l'UE à cause de la pandémie ont été rapatriés. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'en félicite - mais qu'en est-il des 10% encore coincés quelque part dans le monde? Ils seraient encore 50 000 au total, et la Française Nancy Viannet fait partie de ceux-là. Partie à Oujhdha au Maroc le 8 mars pour l'enterrement d'un proche, elle y reste toujours bloquée. Rentrer est aujourd'hui sa priorité absolue, même si une fois de retour en France elle risque de devoir suivre une quarantaine stricte comme l'a annoncé ce samedi le ministre de la Santé Olivier Veran. Nancy Viannet a surtout le sentiment d'avoir été oubliée par son pays, la France.

Même si on n'est pas considéré comme un cas d'urgence absolue, notre situation devient très compliquée...

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