Le Covid-19 veut «tuer» la voiture à Paris

La rue de Rivoli, au coeur de Paris, durant le confinement.
La rue de Rivoli, au coeur de Paris, durant le confinement. REUTERS/Christian Hartmann

Ce sera l’un des enjeux de l’après-11 mai. La maire de la capitale française ne veut pas que Paris soit envahie de voitures lors du déconfinement. Alors qu’elle a déjà réduit la place de la voiture, Anne Hidalgo veut profiter de la période de crise pour exclure les véhicules de particuliers de plusieurs grands axes, dont la célèbre rue de Rivoli.

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Beaucoup redoutent que, faute de transports en commun suffisants, la capitale se retrouve face à un énorme afflux de voitures dès le 11 mai. Anne Hidalgo souhaite « doubler » les trois lignes de métro les plus fréquentées par des voies cyclables suivant en surface à peu près le même tracé.

La rue de Rivoli constituerait ainsi la partie centrale de la « ligne de vélo ». Cette artère qui coupe quasiment Paris en deux d’est en ouest serait réaménagée avec une voie très large pour les vélos et une autre pour les seuls taxis et bus.

Anne Hidalgo se réjouit déjà : « On pourra circuler de la porte de Vincennes à la porte Maillot en passant Bastille, rue de Rivoli, la place de la Concorde et les Champs-Elysées ».

20 millions d'euros aux « vélotaffeurs »

Propos tenus juste après que le gouvernement annonce que 50 euros seront donnés pour faire réparer son vélo chez des artisans agréés. La ministre des Transports déclare que « la bicyclette doit être la petite reine du déconfinement ». Au total, 20 millions d'euros doivent être accordés aux « vélotaffeurs » (ce sont ceux qui vont travailler à vélo).

L’association 40 millions d'automobilistes, elle, voit rouge. Au contraire, dit son délégué général, la voiture est le meilleur moyen de se déplacer « en toute sécurité » lors du déconfinement. Et Pierre Chasseray de poursuivre : « Mme Hidalgo justifie par des motifs sanitaires une décision qu’elle voulait prendre depuis deux ans pour des raisons idéologiques. L’épidémie impose au contraire de redonner de la place à la voiture en rouvrant par exemple les voies sur berge ».

« Si on ferme l’axe Rivoli, on a un report de la circulation sur les voies adjacentes et parallèles, on engorge davantage, et ce n’est pas comme cela qu’on peut prétendre lutter contre la pollution, commente Jean-François Legaret, maire (Les Républicains) du Ier arrondissement, l’un des quartiers longés par la rue de Rivoli. C’est exactement ce qui s’est passé avec les voies sur berges ». Lors de cette fermeture, de nombreux maires de villes de banlieue avaient dit leur colère face à un manque de concertation et parce que par effet mécanique, cela « transférait » des bouchons au-delà du périphérique. Aujourd'hui, la colère gronde à nouveau.

Pour inciter les automobilistes à laisser leur voiture au garage, la maire de Paris veut également créer de nouveaux parkings relais aux portes de la capitale. Le plan de la maire de Paris sera dévoilé en détail mardi prochain 5 mai. En théorie, il ne devrait valoir que le temps de l’épidémie.

 

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