Devant le Sénat, Édouard Philippe défend son plan et reporte le déconfinement de Mayotte

Le Premier ministre Édouard Philippe le 28 avril à l'Assemblée nationale (Photo d'illustration).
Le Premier ministre Édouard Philippe le 28 avril à l'Assemblée nationale (Photo d'illustration). David Niviere/Pool via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
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Edouard Philippe a mis en avant l'impératif d'une reprise progressive de l'économie et des écoles en exposant ce lundi devant le Sénat la stratégie de déconfinement du gouvernement. Le Premier ministre a par ailleurs annoncé le report du déconfinement à Mayotte où « le virus circule activement ».

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À une semaine du début programmé du déconfinement le 11 mai, le chef du gouvernement a insisté devant les sénateurs sur le « coût social et économique » du confinement qui « déchire notre tissu social » et « aggrave les difficultés que rencontrent certaines familles, certains secteurs, certains territoires ». Le gouvernement est sur un « chemin de crêtes » selon ses mots, avec d’un côté, le risque d’une deuxième vague de coronavirus, et de l’autre, le risque d’un effondrement économique, rapporte Julien Chavanne, du service France de RFI.

« Le confinement se justifiait par l'urgence, mais son coût social et économique est colossal (...) La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté », a-t-il souligné. Édouard Philippe a qualifié la fermeture des écoles de « catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescent s», le décrochage scolaire étant, selon lui, « probablement une bombe à retardement », alors que certains élus locaux contestent la réouverture des écoles le 11 mai.

« La réouverture des écoles nous semble donc une priorité, sociale et républicaine, qu'il faut évidemment concilier avec nos impératifs sanitaires », a-t-il ajouté. Concernant les masques de protection, et contrairement à ce qu'il avait annoncé la semaine dernière, le Premier ministre a indiqué qu'ils ne seraient finalement obligatoires pour les collégiens que si les règles de distanciation sociale ne pouvaient être respectées.

Des aides aux plus précaires

Durant ses 50 minutes d'allocution, Édouard Philippe a aussi annoncé le report du déconfinement à Mayotte où « le virus circule activement » et indiqué que les interdictions d'arrivée dans tous les territoires d'Outre-mer seraient maintenues « au-delà du 11 mai » avec « obligation de quatorzaine ».

Le Premier ministre a annoncé une aide de 200 euros qui sera versée à 800 000 jeunes de moins de 25 ans « précaires ou modestes ». Ainsi, les « étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage » et les « étudiants ultramarins isolés qui n'ont pas pu rentrer chez eux » se verront verser début juin une somme de 200 euros. Cette même somme « sera versée mi-juin aux jeunes de moins de 25 ans, précaires ou modestes, qui touchent les aides pour les logements », a précisé le Premier ministre.

Cette aide s'ajoute à celle de 150 euros , plus 100 euros par enfant, qui sera versée le 15 mai « à 4 millions de familles pauvres et modestes » touchent le revenu de solidarité active et l'allocation de solidarité spécifique. « Et les ménages bénéficiaires des allocations logement recevront 100 euros par enfant », a rappelé M. Philippe.

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Le Premier ministre a martelé que les « clés du déconfinement se trouvent sur le terrain, entre les mains des acteurs locaux », renouvelant ainsi sa promesse de différenciation. Mais il a dit souhaiter conserver « l'équilibre » actuel de la loi sur la responsabilité des maires, malgré leurs inquiétudes quant aux décisions à prendre pour le déconfinement.

Un « pari à quitte ou double »

Le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau a reproché au gouvernement un « pari à quitte ou double » avec son plan de déconfinement, faute de masques, de tests, et en l'absence de « stratégie offensive ». Pour le socialiste, Patrick Kanner (PS), « si la date du 11 mai ne permet pas de déconfiner tout en respectant la sécurité des Français, il faut questionner cette date« pari à quitte ou double ». « Le compte n'y est pas » pour son groupe.

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