Accéder au contenu principal

Mort à 101 ans de Cécile Rol-Tanguy, héroïne de la Résistance

L'héroïne de la Résistance Cécile Rol-Tanguy le 25 août 2009, lors des commémorations du 65e anniversaire de la Libération de Paris.
L'héroïne de la Résistance Cécile Rol-Tanguy le 25 août 2009, lors des commémorations du 65e anniversaire de la Libération de Paris. Bertrand GUAY / AFP
Texte par : Philippe Lecaplain
4 mn

L'une des figures de la Résistance Cécile Rol-Tanguy est décédée à l'âge de 101 ans, le jour du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle était l’une des dernières figures de la Résistance intérieure française, veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, l'un des principaux acteurs de la Libération de Paris, décédé en 2002.

Publicité

Après quatre ans dans la clandestinité, le 18 août 1944, c'est elle qui, sur sa machine à écrire, tape l'ordre de l'insurrection parisienne : « La France vous appelle ! Aux armes citoyens ! ». Le texte lui est dicté par son mari, rencontré juste avant la guerre au syndicat CGT de la métallurgie. Sous la Résistance, il est devenu le chef militaire des Forces Françaises de l'Intérieur d'Ile-de-France. Une semaine plus tard, c’est la Libération de Paris. Le 26 août, elle assiste au défilé du Général de Gaulle sur les Champs-Elysées.

Twitter Mémorial Caen Cécile Rol Tanguy

Par amour et devoir, Cécile Rol-Tanguy a pris tous les risques pour le « colonel ». Elle était devenue sa marraine de guerre quand il avait rejoint les Brigades internationales en Espagne. Puis sa fiancée début 1938, pendant une permission. La guerre éclate et tous deux entrent dans la Résistance. Elle devient la secrétaire et l'agent de liaison d’un homme qu’elle voit peu, car il passe de planque en planque. Elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d'emprunt pour ses missions.

Dans le landau qui transporte sa fille puis son fils, « Yvette » ou « Lucie » cache des tracts et des documents sensibles pour le réseau communiste des FTP (Francs tireurs et partisans) auquel ils appartiennent. Sous les légumes et la miche de pain de son cabas, pistolets, mitraillettes, grenades et détonateurs attendent d’êtres livrés aux soldats de l'armée de l'ombre. Sa haine du nazisme est renforcée par la mort de son père, militant communiste, déporté à Auschwitz en 1942.

Dans cette photo prise le 23 août 2004,Cécile Rol-Tanguy (3e L), lors de cérémonies en hommage à son mari, le colonel Henri Rol-Tanguy, le 24 août 2004.
Dans cette photo prise le 23 août 2004,Cécile Rol-Tanguy (3e L), lors de cérémonies en hommage à son mari, le colonel Henri Rol-Tanguy, le 24 août 2004. DANIEL JANIN / AFP

A Monteaux, dans le Loir-et-Cher où elle s’est éteinte juste après les cérémonies de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle continuait à lire les journaux, dont le journal communiste « l'Huma ». « Jusqu'à son dernier souffle, Cécile Rol-Tanguy témoignera de sa fidélité à l'utopie généreuse du communisme, à ses engagements de jeunesse pour la justice sociale et l'émancipation des femmes », salue sa famille.

Cette figure de la Résistance avait été honorée par les plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d'honneur, Grand Croix dans l'Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance). « Cécile Rol-Tanguy était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l'occupant nazi », dit-encore sa famille.

Pour aller plus loin :

RFI avait consacré un volet à Cécile Rol-Tanguy dans son infographie Résistantes à 20 ans.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.