Accéder au contenu principal

Covisan, un dispositif pour dépister les malades potentiels du coronavirus

Une équipe du Samu traite un malade du coronavirus, le 20 mars 2020 (image d'illustration).
Une équipe du Samu traite un malade du coronavirus, le 20 mars 2020 (image d'illustration). REUTERS/Benoit Tessier/File Photo
4 mn

Ce lundi 11 mai, marque le premier jour de levée du confinement en France, exception faite de Mayotte. La vie est cependant loin de reprendre comme avant, avec toujours beaucoup de contraintes pour éviter une seconde vague épidémique. L’un des enjeux du déconfinement consiste ainsi à s'assurer qu'aucun foyer d'infection ne puisse passer inaperçu. Il faut alors pouvoir dépister massivement les malades potentiels et identifier leurs contacts. Une expérimentation en ce sens a été lancée en Île-de-France : Covisan, initié par l’AP-HP.

Publicité

Au centre municipal de santé d'Aubervilliers, au nord de Paris, le docteur Youssouf Ahmed Kassim mène la consultation. Face à lui, un homme a été orienté vers la structure Covisan pour suspicion de Covid-19. Cela fait plusieurs jours qu’il est atteint d’une grosse toux. Un prélèvement est réalisé en vue d’un test pour s’assurer de son statut sérologique. Le résultat sera connu quelques heures plus tard, mais sa fiabilité n'est pas garantie : un patient qui se rend dans une structure Covisan est donc - par précaution - toujours considéré comme positif. Il doit donc répondre à plusieurs questions pour identifier les personnes avec qui il a été en contact.

Visites à domicile

Au total, cet entretien dure une petite demi-heure, essentielle pour que l’équipe puisse ensuite approcher tous ces potentiels nouveaux cas. Il y a également la question de la famille du patient. C’est pour cette raison que le dispositif Covisan propose des visites à domicile.

Ce jour-là, trois d’entre elles sont programmées. Delphine Leclerc prépare le matériel. Elle est en temps normal infirmière à l'hôpital Avicenne, l'un des sites pilotes du projet mené par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Dans les sacoches, on trouve de quoi réaliser des prélèvements à domiciles, mais également des kits à destination des personnes visitées : « Il y a des masques pour trois jours, du gel hydroalcoolique et du savon ». Le but premier de ces visites n’est pas forcément de dépister le plus possible, mais de s’assurer que la personne contaminée n’infecte pas ses proches, et de sensibiliser ces derniers. « On les éduque à comment nettoyer leur environnement, leurs mains. On leur apprend les gestes barrière et à respecter le confinement. Par exemple, le cas positif doit être isolé dans une autre chambre ». Cela demande la mise en place de toute une logistique dans le foyer : « Il faut nettoyer les poignées de porte, bien aérer les lieux de vie », explique Delphine Leclerc.

Isolement en chambre d'hôtel

C’est pour cette raison qu’on propose systématiquement aux malades un isolement dans une chambre d’hôtel pendant 14 jours. Mais cela n’est pas toujours possible. Il faut donc s’organiser et faire en sorte que la personne atteinte et ses proches respectent du mieux possible la mise à l’isolement. « Au-delà de l’aspect sanitaire, il y a également la mobilisation de personnel du secteur social », détaille Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. En effet, en plus des soignants, l’équipe Covisan d’Aubervilliers intègre également une assistante sociale. « Il faut pouvoir mettre en place un dispositif de portage de courses, par exemple », poursuit l’élu. L’idée est ainsi de faire ce qu’on appelle de la réduction des risques. La situation des familles peut parfois être très précaire, et il peut être compliqué pour elles de respecter un confinement strict. Il faut donc tout mettre en œuvre pour leur faciliter cette étape et leur apprendre les gestes barrières et leur importance face à l’épidémie. C’est pour cette raison que la dimension sociale du projet et tout aussi importante que le volet médical.

Covisan est en expérimentation depuis plus de deux semaines : avec la levée du confinement, ce dispositif fait figure de précurseur à celui annoncé par les autorités, et sa philosophie doit être généralisée, des équipes mobiles pour repérer, tester et isoler les malades afin d’enrayer la dynamique de l’épidémie.

À lire aussi: Coronavirus: la France entame son déconfinement

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.