Accéder au contenu principal

Coronavirus: la France entame son déconfinement

A la gare Saint-Lazare à Paris, le 11 mai 2020, premier jour de déconfinement en France.
A la gare Saint-Lazare à Paris, le 11 mai 2020, premier jour de déconfinement en France. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Alors que le bilan des morts du Covid-19 est au plus bas depuis le 17 mars, date du début du confinement, les Français retrouvent ce lundi 11 mai une liberté de mouvement relative.

Publicité

Article mis à jour régulièrement, 

C’est le Jour J. Après 55 jours d’un confinement inédit, la vie reprend peu à peu son cours à partir de ce lundi 11 mai. Mais ce n'est pas encore le retour à la vie normale, comme le rappelle l'exécutif. 

« Grâce à vous, le virus a reculé. Mais il est toujours là. SAUVEZ DES VIES RESTEZ PRUDENTS », a tweeté le président Emmanuel Macron à quelques heures de l'échéance.

L’épidémie poursuit en effet sa décrue progressive. Le bilan quotidien des décès dus au Covid-19 est tombé dimanche à 70, soit le plus bas depuis le 17 mars, date de l’entrée en vigueur d’un confinement strict. La pression sur l’hôpital se desserre, mais avec plus de 26 000 morts au total, dont près de 10 000 rien que dans les maisons de retraite, la prudence reste de mise pour ne pas risquer une seconde vague.

► À écouter : À la Une: le saut dans l'inconnu du déconfinement

Si ce 11 mai sonne la fin de l'attestation obligatoire pour quitter son domicile, le déconfinement – très progressif, répète le gouvernement – s'accompagne de nouvelles mesures et restrictions. Même si le Conseil constitutionnel n'a pas encore donné son aval pour la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet. L'entrée en vigueur de deux mesures phares, la limitation des déplacements à moins de 100 kilomètres et l'attestation obligatoire pour prendre les transports aux heures de pointe, est donc théoriquement repoussée.  En attendant, il est donc « fait appel au sens de la responsabilité des Français ». 

Une première journée de reprise des transports qui se déroule « correctement »

Avec la reprise de l'activité, c'est l'affluence dans les transports en commun qui était redoutée ce lundi. À la gare du Nord, la plus grande gare d'Europe, l’atmosphère est « masquée », l’obligation de porter des masques est respectée par une grande majorité de voyageurs, rapportenotre envoyé spécial, Simon Rozé. Et une association en distribue pour les quelques-uns qui n’en ont pas. L'État s'est engagé à mettre « 10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport », destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Île-de-France, avait indiqué dimanche le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Dans le métro parisien, l'obligation de porter un masque semble bien respectée, ce lundi 11 mai.
Dans le métro parisien, l'obligation de porter un masque semble bien respectée, ce lundi 11 mai. REUTERS/Benoit Tessier

Au niveau de l’affluence en ce début de matinée, il y a plus de monde que durant le confinement, bien sûr, mais on est encore loin des niveaux d’avant. Après quelques points de tension tôt lundi matin dans le métro parisien, la situation était calme sur l'ensemble du réseau en milieu de matinée, selon l'Agence France-presse.

Cela n’empêche pas les quelques personnes rencontrées de ne pas se sentir très rassurées. « Il faut bien que l’économie reprenne, mais j’appréhendais un petit peu la reprise aujourd’hui, forcément. Maintenant, on va voir comment ça va se passer. Tout le monde avait le masque, mais il n’y avait pas une personne sur deux. Moi, quand je suis montée dans le train, il était à quai. Donc, j’étais une des premières à monter et j’ai pris ma place assise. Après, à la gare suivante, tous les gens qui sont montés se sont collés à moi », témoigne une femme.

La journée de reprise se déroule « correctement » pour l'instant, a assuré sur CNews le secrétaire d'État chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari. 

Des vidéos et des images publiées sur les réseaux sociaux laissaient tout de même douter de la possibilité de respecter la distanciation sociale dans des rames bondées. 

Les employeurs sont pourtant invités à décaler les horaires de leurs salariés pour éviter les saturations du réseau aux heures de pointe. D’autant plus que le trafic est réduit : seul un train sur cinq circule ce matin.

Enfin, pour ceux qui ne veulent pas prendre les transports en commun, il y a des toutes nouvelles pistes cyclables temporaires. Il y a du monde dessus malgré la pluie et un vent à décorner des bœufs ce matin.

► À lire aussi : Le vélo, roi de la piste du déconfinement

Le déconfinement signifie aussi le retour progressif des TGV, alors qu'1% seulement circulait depuis le 13 mars. Près de la moitié d'entre eux retrouvent les rails ce lundi. Et là aussi, les consignes sont strictes.

Tout le monde a son masque, les distances sont respectées...

Reportage dans un train entre Angers et Paris

Reprise économique

Ce jour est donc celui d'une reprise économique tant attendue, alors que le pays est entré dans une récession jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. De nombreux salariés sont de retour sur leur lieu de travail, les commerces rouvrent. Les entreprises ont l'obligation d'assurer la protection de leurs employés.

Reportage dans une PME industrielle de Cestas, dans la région de Bordeaux, où les ouvriers ont repris le travail il y a quelques jours, pour que l’entreprise soit opérationnelle dès ce lundi matin.

On a quand même un atelier relativement vaste où les dispositifs de sécurité par personne peuvent être respectés. On a mis en place bien sûr le protocole : des solutions hydroalcooliques, de masques, de visières…

Reportage dans l'entreprise Sora Garnier

« Nous rentrons dans un monde qui est nouveau, dans lequel il faut que nous apprenions à conjuguer activité économique, travail et circulation du virus, et le succès de ce défi que nous avons à relever, il dépendra de chacun d'entre nous », a affirmé le ministre de l'Économie, Bruno le Maire, sur BFM Business.

Le quartier de La Défense, en Île-de-France, reprend un peu vie en ce premier jour du déconfinement.
Le quartier de La Défense, en Île-de-France, reprend un peu vie en ce premier jour du déconfinement. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Prérentrée pour les enseignants

Pour les écoles, il faudra encore attendre même si ce lundi une prérentrée des enseignants est organisée pour planifier le retour des élèves. 

« Près de 86% » des 50 500 écoles de France vont ouvrir pour accueillir « plus de 1,5 million d'enfants » sur un total de 6,7 millions d'écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. Les collégiens doivent retrouver plus tard en mai le chemin des classes (selon que leur zone est verte ou rouge), et une décision sera prise à la fin du mois pour les lycées.

« Je vais d’abord voir une semaine ou deux s’il y a des risques ou pas »

« Si chacun fait attention, garde à la fois les gestes barrières, la distanciation, on peut vivre et on peut profiter aussi, estime Marie. Je n’ai qu’une envie, c’est reprendre mon vélo et de me retrouver un peu plus loin que mon immeuble et mon petit quartier, et revisiter tous ces endroits de Paris que j’adore. » Toujours active, cette septuagénaire reste en télétravail, mais elle s’autorise un peu plus de libertés. Car pour les plus durement touchés par le virus, les séniors de plus de 70 ans, aussi, c'est l'heure de reprendre une vie à peu près normale.

Ce septuagénaire a, quant à lui, adopté certains reflexes : « Ce qui se passe, c’est que je me mets loin des gens. Je ne prendrai pas le bus, je ne prendrai pas le tram. On est obligés de sortir, de faire ses courses. On est obligés aussi de prendre de risques, d’aller chez le coiffeur, parce qu’on ne peut pas être confinés quand on va chez le coiffeur. Je serai obligé d’y aller, mais ce n’est pas évident. Je vais d’abord voir une semaine ou deux s’il y a des risques ou pas ».

Tatiana, elle, se prévoit déjà un petit plaisir cette semaine : remettre les pieds dans un musée.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.