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En visite à la Pitié-Salpêtrière, Macron promet de «mettre fin à la paupérisation» des soignants

Le président français Emmanuel Macron durant une visio-conférence au ministère de l'Intérieur, à Paris, le 13 mai 2020.
Le président français Emmanuel Macron durant une visio-conférence au ministère de l'Intérieur, à Paris, le 13 mai 2020. Ludovic Marin/Pool via Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière vendredi 15 mai, le président français a fait face à la colère et au désarroi de plusieurs infirmières, en première ligne durant la crise sanitaire du coronavirus. Emmanuel Macron a assuré que l’État « sera au rendez-vous » et va investir, alors que les syndicats envisagent une journée de mobilisation mi-juin.

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Le 27 février, alors que la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus débutait en France, Emmanuel Macron s’était rendu à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Plus de deux mois et demi après, le chef de l’État était à nouveau sur place, dans la matinée du vendredi 15 mai.

Avec le ministre de la Santé, Olivier Véran, le président de la République est venu dans l’établissement parisien pour prendre part à une table ronde avec des médecins, une autre avec des syndicats, et enfin visiter une unité de dépistage du Covid-19. Et Emmanuel Macron n’a pas échappé aux critiques et aux interpellations des soignants.

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Une prime exceptionnelle qui fait débat

Les infirmières, notamment, ont profité du passage du président français pour lui faire part de leur ressentiment. Quelques-uns de ces échanges vifs ont été filmés et ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias. « On est désespérées, on ne croit plus en vous », a lancé une infirmière à Emmanuel Macron. Les manquements et errements dans la gestion de la crise sanitaire ont été évoqués, mais il a aussi été question du manque de moyens alloués à l’hôpital public. Un reproche antérieur au coronavirus mais exacerbé par cette crise.

La prime exceptionnelle aux personnels soignants – 500 euros pour les membres du personnel hospitalier, 1 500 euros pour ceux qui ont travaillé dans les 40 départements les plus touchés – promise fin mars est parue ce 15 mai au Journal Officiel. Elle n’apaise toutefois pas la colère, d’autant plus que cette prime ne concerne que les « agents des établissements publics de santé » et qui ont travaillé entre le 1er mars et le 30 avril. Beaucoup de professionnels impliqués dans la crise – personnels de cliniques privées, intérimaires – ne seront donc pas pris en considération.

Une situation que ne tolère par Anne-Claire Rafflegeau, infirmière et membre du collectif Inter Urgences jointe par RFI : « Il ne faut pas croire que les infirmières du privé sont payées des milles et des cents. Les salaires sont bas. La grille salariale des soignants est extrêmement basse, dans le privé comme dans le public. »

« On est en train de précariser de très beaux métiers, des métiers essentiels »

Outre cette prime exceptionnelle, les soignants seront aussi honorés le 14-Juillet pour la Fête nationale, qui leur sera dédiée. Ils recevront aussi des médailles, le gouvernement ayant annoncé une promotion unique de l’Ordre national du mérite et de la Légion d’honneur. « On s’en fiche de ça. Ce n’est pas ça qui va payer notre loyer à la fin du mois », balaye Anne-Claire Rafflegeau, qui évoque des « médailles en chocolat » avant de reprendre :

« De qui se moque-t-on ? Ce n’est pas du tout ce qu’on demande. Cela fait maintenant plus d’un an que les services hospitaliers sont mobilisés pour demander une revalorisation salariale et une revalorisation globale des carrières hospitalières, car on est bien en deçà de ce qui peut y avoir au niveau européen. Certains soignants, sans prime de service, ne touchent même pas le Smic. On est en train de précariser de très beaux métiers, des métiers essentiels. »

À l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Emmanuel Macron, plusieurs fois sollicité sur ce thème, a promis : « On sera au rendez-vous. » Le président entend « mettre fin à cette paupérisation » et juge qu’il est important de réorganiser l’hôpital public, tout en reconnaissant une « erreur » dans la réforme du système de santé qu'il a engagée il y a deux ans. « Oui, on va investir », a-t-il insisté. À son ministre de la Santé Olivier Véran, Emmanuel Macron a demandé « un travail express » de concertation avec les syndicats dès la semaine prochaine.

Des syndicats qui ont eux indiqué réfléchir à une « journée nationale de mobilisation » pour l’hôpital public. Celle-ci pourrait avoir lieu mi-juin, selon un communiqué de l’Association des médecins urgentistes de France, de la CGT, des Collectifs Inter-hôpitaux et d’Inter-urgences. Ce sujet sera abordé lors d’une visio-conférence prévue lundi 18 mai.

M. Macron nous fait de nouvelles promesses. Depuis un an, il promet beaucoup de choses pour l'hôpital, mais les promesses ne sont jamais concrétisées par des actes. Puisque aujourd'hui, ce que nous constatons dans les hôpitaux, c'est que les plans de fermeture de lits se poursuivent. Donc nous souhaitons des gestes forts.

Christophe Prudhomme

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