Coronavirus: près de 10 000 Français encore bloqués au Maroc

Des touristes visitent la Grande Mosquée Hassan II à Casablanca, au Maroc, le 12 mars 2020, quelques jours avant la suspension des vols entre la France et le Maroc. Le 20 mars, Rabat a décrété l'état d'urgence sanitaire.
Des touristes visitent la Grande Mosquée Hassan II à Casablanca, au Maroc, le 12 mars 2020, quelques jours avant la suspension des vols entre la France et le Maroc. Le 20 mars, Rabat a décrété l'état d'urgence sanitaire. FADEL SENNA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Maroc a prolongé, lundi 18 mai, l'état d'urgence jusqu'au 10 juin. Cela signifie la poursuite du confinement, mais aussi le maintien de la fermeture de ses frontières, une mesure prise dès la mi-mars. Un coup dur pour les plus de 10 000 Français et Marocains résidant en France qui sont toujours coincés dans le pays.

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Des vacances, des visites familiales ou professionnelles qui se transforment pour beaucoup en cauchemar, avec très peu de moyens de rapatriement et un sentiment d'être abandonnés par l'État français. Nancy Viannet était parti au Maroc début mars pour assister à des funérailles. Son séjour devait durer dix jours, mais cela fait trois mois que cette Française est coincée au Maroc. « J'avais une vie professionnelle, j'avais une vie tout court et je tiens à la retrouver. Là tout est chaotique, c'est un puzzle, je suis désespérée, je suis désespérée », lâche-t-elle.

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Contrairement à beaucoup d'autres, elle a la chance d'être hébergée et de ne pas trop avoir à se soucier pour son emploi. Mais c'est psychologiquement difficile, surtout que la France, selon la députée des Français de l'étranger, Anne Genetet, a très peu de marge de manœuvre.

« C'est la décision d'un État, elle est souveraine, de fermer ses frontières, explique-t-elle. Il n'y a pas que le Maroc. Donc ensuite, ça se passe en négociation au cas par cas. En Australie, nous avons pu aboutir, en Nouvelle-Zélande, nous avons abouti, en Chine pas pour le moment, à Singapour non plus. Au Maroc, petit à petit avec la France et l'appui diplomatique, nous réussissons à obtenir la mise en place de vols spéciaux. Le Maroc ne souhaite pas en mettre en plus, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ? C'est la faute à pas de chance que ça leur soit tombé dessus, cette fermeture de frontières, mais cela a permis aussi au Maroc de contenir l'épidémie, puisque le nombre de cas reste très faible au Maroc

Chaque semaine, seuls six avions assurent les rapatriements vers la France avec 120 places disponibles à bord. Nancy a fait son calcul : elle ne pourra rentrer que dans 14 semaines.

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