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Après le coronavirus, Emmanuel Macron veut que les Français travaillent davantage

23,6 millions de Français ont regardé l'allocution télévisée du président Emmanuel Macron, le 14 juin 2020.
23,6 millions de Français ont regardé l'allocution télévisée du président Emmanuel Macron, le 14 juin 2020. DENIS CHARLET / AFP
4 mn

« Reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire. » Ce furent les mots d’Emmanuel Macron ce dimanche 14 avril pour sa 4ème allocution télévisée depuis le début de la crise sanitaire. Le chef de l’État accélère le déconfinement et amorce l’après-coronavirus. Comment relancer l’économie française en pleine déconfiture et tenter de sauver des emplois ? Il a esquissé quelques priorités : investir, produire, consommer.

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Mettre les bouchées doubles. Maintenant que la situation sanitaire le permet, la machine doit tourner à plein régime. Tout est résumé dans ces quelques mots du président de la République : « La seule réponse est de bâtir un modèle économique durable, plus fort, de travailler et de produire davantage pour ne pas dépendre des autres. »

Ce concept d’indépendance, de souveraineté économique a en effet été martelé dans cette allocution. Une façon pour Emmanuel Macron de tirer les leçons de la pandémie dans une France qui a été touchée sur ses points forts : le tourisme, la restauration, l’automobile et l’aéronautique. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’activité va se réduire d’au moins 11 %.

Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du Bureau d’information et de prévisions économiques, décrypte ce « travailler davantage » invoqué par le chef de l’État : « C’est l’idée de stimuler la consommation intérieure et d’essayer de rattraper le plus possible ce que l’on a perdu. Investir, consommer, passer par la croissance sur le court terme avant de réassainir les finances publiques, retrouver une solution budgétaire plus robuste, mais dans un second temps. »

Pas de hausse d’impôts

Les finances publiques sont certes au plus mal avec une dette au-delà des 120 % du Produit intérieur brut (PIB). C’est notamment la conséquence des centaines de milliards d’euros déjà mobilisés pour soutenir les secteurs les plus en difficulté, en attendant un plan de relance plus global dans les semaines à venir.

Renflouer les comptes de l’Etat n’est pas la priorité du président qui a prononcé la phrase que beaucoup de Français attendaient. « Nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts. Notre pays est déjà l’un de ceux où la fiscalité est la plus lourde. »

Pas d’augmentation d’impôts, en tous cas pas pour le moment, c’est le choix de la raison pour Xavier Timbeau, directeur de l’Observatoire Français des conjonctures économiques : « Il ne faut surtout pas augmenter les impôts parce que cela ferait entrer dans une spirale récessive, pire qu’en 2012, avec une réaction immédiate et un peu dans la panique du fait que la dette publique augmenterait à la fin de l’année. Augmenter la fiscalité, ce serait accentuer le ralentissement de l’économie à un moment où les ménages ont beaucoup d’épargne. C’est absolument critique de leur dire qu’ils peuvent dépenser cette épargne sans aucune crainte parce qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. »

Capacité de rebond

La grande question maintenant est de savoir si l’économie va redémarrer rapidement. Sur ce point, les spécialistes sont très prudents. On n’a pas d’exemple dans le passé. Ce qui est sûr, c’est que la France a un atout dans ses mains, son système de protection sociale. Le dispositif de chômage partiel va permettre aux entreprises, pour certaines très endettées, de se relever plus vite.

« Je pense que cela nous a préservé surtout en termes d’emplois, juge Anne-Sophie Alsif. La difficulté dans ce genre de crise, c’est de perdre du capital humain. Avec l’explosion du taux de chômage, on perd en compétences. Les différentes mesures, même si elles sont coûteuses, avaient pour objectif de garder les gens dans l’emploi. Et donc, à la reprise, ils seront dans l’entreprise. Et on aura cette capacité de rebond. »

Le chômage partiel, qui a bénéficié à des millions de salariés, leur a aussi permis de mettre de l’argent de côté, et donc de pouvoir consommer maintenant. À une condition : qu’ils aient confiance. La peur de nouveaux impôts ou la peur d’un retour du virus pourraient devenir des grains de sable dans les rouages du plan Macron.

À lire aussi : Allocution de Macron: un discours pour tourner la page et «dessiner un nouveau chemin»

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