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Municipales au Havre: Édouard Philippe n’a pas le droit de perdre

Édouard Philippe, Premier ministre et candidat à la mairie du Havre, en campagne électorale pour le second tour des élections municipales, qui aura lieu le 28 juin. (Photo prise au Havre le 20 juin 2020)
Édouard Philippe, Premier ministre et candidat à la mairie du Havre, en campagne électorale pour le second tour des élections municipales, qui aura lieu le 28 juin. (Photo prise au Havre le 20 juin 2020) Sameer Al-DOUMY / AFP
Texte par : Julien Chavanne
3 mn

À cinq jours du second tour des élections municipales, étape au Havre. L'avenir d'Édouard Philippe se joue dans le grand port de Normandie dimanche prochain. L'ancien maire, devenu conseiller municipal après sa nomination à Matignon en 2017, veut garder sa ville. Il était arrivé en tête avec 43% des voix, contre 35% pour son rival, le député communiste Jean-Paul Lecoq. Un scrutin local qui dépasse les frontières du Havre.

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L'élection de dimanche prochain aura, quoi qu'il arrive, une répercussion nationale. S'il gagne, Édouard Philippe reste Premier ministre, à la condition qu'Emmanuel Macron le garde. S'il perd, c'est un coup de tonnerre pour lui et la macronie. Et cela signerait la fin de son bail à Matignon. Une double défaite dont rêvent ses opposants.

L'un d'entre eux est venu spécialement au Havre pour appeler à la mobilisation contre Édouard Philippe. Jean-Luc Mélenchon a fait le show samedi dernier sur le marché de Bléville, un quartier populaire du Havre qui peut encore basculer d'un côté ou de l'autre. Le député de la France insoumise s'est affiché aux côtés du candidat communiste Jean-Paul Lecoq. Avec un message clair : voter contre Édouard Philippe, c'est voter contre Emmanuel Macron. « C'est une manière, pour moi, d'appeler tous ceux qui ont voté pour moi à la présidentielle de se mêler de cette affaire. Parce que s'ils s'en mêlent, nous aurons le dernier mot. Pour une fois, vous avez l'occasion de marquer un grand coup et d'être entendu d'une manière spectaculaire. Si jamais Monsieur Édouard Philippe est battu au Havre, on va en entendre parler jusqu'à Marseille. »

Une élection municipale ou un référendum contre le gouvernement ?
Les deux, répond le candidat Jean-Paul Lecoq : « C'est la présence du Premier ministre qui nationalise le scrutin. Donc, on s'adapte à la situation. Et les gens, quand on discute avec eux dans les quartiers, ils nous disent que si notre vie va mal, c'est la faute de la politique menée par Macron-Philippe. Donc, quand Edouard Philippe vient au Havre, il faut aussi qu'il rende compte ».

Édouard Philippe, lui, fait tout pour échapper aux questions nationales

Depuis le début de la campagne, Édouard Philippe essaie de rester en dessous des radars des médias nationaux. Le week-end dernier, les journalistes et le candidat ont joué au chat et à la souris sur les marchés de la ville. Et quand une conférence de presse est organisée, le Premier ministre veut parler du Havre et seulement du Havre : « Ceux qui spéculent sur les sondages ou sur les hypothèses de l'après-second tour ne m'intéressent pas. Comme je veux vous parler que du Havre, je ne vous répondrai pas pour l'ailleurs ».

Pas question de parler de sa popularité dans les sondages, ni du remaniement à venir... Mais sa double casquette finit quand même par le rattraper à un moment ou à un autre. Dans la rue, une femme l'interpelle sur le manque de masques au début de la crise du coronavirus. Autre faiblesse d'Édouard Philippe : son choix de rester à Matignon, même s'il l'emporte au Havre, fait débat parmi les Havrais.
 

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L'écart entre Édouard Philippe et Jean-Paul Lecoq n'est que de 5 points dans les intentions de vote et le candidat communiste espère rassembler toutes les voix de gauche. L'enjeu de ces derniers jours de campagne, c'est de convaincre les indécis et les abstentionnistes. Plus de 60% des Havrais ne sont pas allés voter au premier tour des élections municipales le 15 mars dernier.

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