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Première intervention chahutée à l'Assemblée pour Éric Dupond-Moretti

Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, devant l'Assemblée nationale, le 8 juillet.
Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, devant l'Assemblée nationale, le 8 juillet. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La première intervention à l'Assemblée nationale du nouveau ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a été tour à tour applaudie et chahutée mercredi, provoquant un certain agacement chez l'ancien ténor du barreau.

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Le garde des Sceaux répondait à une question du député LR Antoine Savignat: « Vous ne deviez jamais occuper ce fauteuil et vous êtes là. Vous ne deviez jamais avaler de couleuvres et avez retiré cette plainte pour votre atteinte inadmissible à votre vie privée et au secret professionnel. Vos actions futures seront-elles en adéquation avec vos déclarations passées ou pas ? », a demandé le député.

Avant de répondre, Éric Dupond-Moretti a été applaudi de façon appuyée, puis le chahut a démarré. « On n'est pas au spectacle et je vais répondre à la question que me pose le député », a-t-il commencé. « D'abord quand on est avocat pénaliste libre, on n'a pas la même parole que quand on représente l'État », a répondu l'ex-ténor des barreaux. « C'est vrai qu'à un moment j'ai dit que je n'accepterais pas cette tâche, il doit y avoir une dizaine ou une quinzaine d'années », a-t-il poursuivi avant de devoir s'interrompre en raison du chahut. En 2018, il avait affirmé que « jamais » il n'accepterait d'être ministre de la Justice.

« Je vous en prie. C'est déjà compliqué pour moi, c'est une première », a tenté de reprendre le garde des Sceaux, dans le bruit. « Monsieur le député, j'ai un sens aigu du contradictoire et de la parole de l'autre. J'aimerais que vous me laissiez au moins m'exprimer ».

«On ne décompte pas les interruptions. On souffre en silence»

À nouveau chahuté, il s'est tourné vers le président de l'Assemblée Richard Ferrand: « Est-ce qu'on décompte les interruptions ? », a-t-il demandé. Réponse: « On ne décompte pas. On souffre en silence ».

Après avoir été à nouveau interrompu, Eric Dupond-Moretti, visiblement agacé, a lâché: « Mais ça va pas ? » à l'intention des députés turbulents. « L'idée que l'on se fait de la justice transcende les clivages. (...) On peut tous travailler ensemble », a-t-il fini par dire, suscitant des applaudissements.

Lors d'une deuxième question, sur les chantiers de la justice, le ministre a, dans un climat plus apaisé, souligné sa « fierté d'être ici, devant la représentation nationale ». « Je mesure l'ampleur de la tâche et je l'embrasse avec beaucoup d'humilité, cette tâche à venir », a déclaré le garde des Sceaux.

Á propos de ses priorités: « il y a d'ores et déjà un certain nombre de pistes: l'enquête préliminaire, sa durée, la présomption d'innocence, les violations du secret de l'enquête », a-t-il dit, avant d'être applaudi.

Á nouveau interrogé sur la réforme de la Justice par les sénateurs lors de la séance de questions dans l'après-midi, M. Dupond-Moretti a déclaré envisager de « recevoir très prochainement tous les présidents de groupes ». Prié de respecter le temps de parole par le président du Sénat Gérard Larcher, le garde des Sceaux a demandé qu'on lui accorde « le bénéfice de l'inexpérience ».

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