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France: Emmanuel Macron met la touche finale au remaniement gouvernemental

Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Jean Castex, le 14 juillet 2020.
Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Jean Castex, le 14 juillet 2020. Ludovic Marin/Pool via REUTERS
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Trois semaines après la nomination de Jean Castex à Matignon, l’Elysée a finalement annoncé ce 26 juillet 2020 la liste des onze secrétaires d’État qui vont renforcer le gouvernement composé jusque-là de 31 ministres et ministres délégués. C'est la fin d'un long suspense.

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Plusieurs fois repoussée, cette annonce était très attendue. Surtout par les postulants à l'entrée au gouvernement. Comme à chaque remaniement, il y avait beaucoup de candidatures pour peu de postes. Le président de la République a donc tranché. Un communiqué a été publié dimanche soir 26 juillet à trois jours seulement du dernier conseil des ministres avant la pause estivale prévue mercredi 29 juillet. Un conseil des ministres auquel les nouveaux secrétaires d'État vont donc pouvoir participer aux côtés des ministres et des ministres délégués.

Pour réaliser ce nouveau casting, Emmanuel Macron a essayé, explique-t-on dans son entourage, de trouver « le bon équilibre entre continuité et renouvellement ». C’est le fil directeur du président de la République pour désigner les membres du nouveau gouvernement censé incarner un « nouveau chemin »  dans le quinquennat. Cinq secrétaires d’État sont ainsi reconduits et conservent des portefeuilles à peu près identiques : Sophie Cluzel aux Handicapés, Jean-Baptiste Lemoyne au Tourisme, Cédric O à la Transition numérique, Laurent Pietraszewski aux Retraites, Adrien Taquet à l'Enfance. Ce sont les bons élèves, ils sont récompensés. Ceux qui n'avaient pas donné satisfaction comme Brune Poirson ou Christelle Dubos ont disparu de la liste.

Donner des gages aux députés et aux alliés

Les cinq anciens secrétaires d’État, c'est pour la continuité, les six nouveaux, c'est pour le renouvellement. Mais un renouvellement qui répond à des impératifs politiques. D'abord, celui d'envoyer un message au groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale en nommant trois députés qui en sont issus. De quoi calmer les esprits dans les rangs d’un groupe parfois turbulent. La députée de Paris Olivia Grégoire rejoint Bercy et prend en charge l'Économie sociale et solidaire. La députée de la Haute-Marne Bérangère Abba va s’occuper de la Biodiversité et le député des Hautes-Alpes Joël Giraud de la Ruralité. Député en Marche, mais à l'origine radical de gauche, Joël Giraud coche plusieurs cases dans ce remaniement.

Le chef de l'État s'est aussi soucié de donner des gages à son allié MoDem, déçu du sort qui lui avait été réservé dans la première vague de nominations et dont le rôle à l'Assemblée nationale est devenu d'autant plus important depuis que LaRem a perdu la majorité absolue. Deux députées du mouvement de François Bayrou font donc leur entrée : la députée de Loire-Atlantique Sarah El Hairy à la Jeunesse et celle du Val-d'Oise Nathalie Elimas à l’Éducation prioritaire.

Et puis, il y a Clément Beaune, le conseiller Europe d'Emmanuel Macron qui fait son entrée au gouvernement. Son nom était évoqué à chaque remaniement pour prendre en charge le portefeuille des Affaires européennes. Il est enfin nommé. C'est l'un des plus proches collaborateurs d'Emmanuel Macron, déjà auprès de lui à Bercy, puis pendant la campagne de 2017 et enfin à l'Elysée. Cette nomination est une récompense pour Clément Beaune dont la compétence est unanimement reconnue dans les cercles européens.

Quels enseignements peut-on tirer de ces nominations ?

Ces nominations confirment la volonté du président de la République de mettre en place un gouvernement très politique. Il n'y a pas de secrétaire d'État issu de la société civile. À deux ans de la présidentielle, Emmanuel Macron a fait le choix de ministres opérationnels dans des secteurs bien définis. Les secrétaires d'État ont d'ailleurs cette fois-ci des intitulés de périmètres précis qui correspondent aux priorités du gouvernement : jeunesse, éducation prioritaire, économie solidaire, ruralité... qui prennent notamment en compte les besoins post-covid.

Ils ont deux missions principales. D'abord faire en sorte que les politiques décidées soient mises en œuvre, autrement dit assurer ce « dernier kilomètre » si cher à Emmanuel Macron. Ensuite, faire savoir aux Français ce qui a été fait. Depuis le début du quinquennat, la pédagogie du gouvernement n’a pas vraiment fonctionné. L'enjeu pour le président, c'est donc maintenant de convaincre les Français.

Le gouvernement est désormais au complet. Et avec 42 ministres et secrétaires d'État, il n'est pas vraiment resserré. Mais il manque encore les nominations des Hauts commissaires et surtout de celui qui va prendre la tête du commissariat général au plan qui a été annoncé par le chef de l'État et le Premier ministre. Un nom circule avec insistance pour occuper ce poste : celui de François Bayrou, le président du MoDem, principal allié politique d'Emmanuel Macron. Mais le président de la République a visiblement décidé là encore de prendre son temps et de garder cette nomination pour la rentrée.

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