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France: la police évacue un vaste campement de migrants en région parisienne

Les gendarmes français évacuent un campement de migrants à Aubervilliers, en banlieue parisienne, le 29 juillet 2020.
Les gendarmes français évacuent un campement de migrants à Aubervilliers, en banlieue parisienne, le 29 juillet 2020. Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Près de 1 500 personnes ont été évacuées ce mercredi 29 juillet d'un vaste campement de migrants à Aubervilliers, près de Paris. Une opération qui s'inscrit dans une volonté du gouvernement d'empêcher toute installation de camp de fortune dans la capitale et sa proche banlieue.

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L'opération d'évacuation et de mise à l'abri des migrants vers différents centres d'hébergement et gymnases de région parisienne a débuté peu après 6 heures du matin et s'est achevée à 11 heures. La préfecture de police de Paris a invoqué notamment le risque sanitaire lié à l'épidémie du Covid-19. « Cette opération est la suite logique de toutes celles que nous avons conduites déjà depuis plusieurs mois », a déclaré à la presse le préfet de police de Paris Didier Lallement, présent sur place, précisant que près de 1 500 personnes seront mises à l'abri.

« Je souhaitais évacuer les campements qui étaient en périphérie de Paris et faire en sorte que, sur l'ensemble du secteur de la police de Paris et des trois départements limitrophes, [les migrants] ne se regroupent pas dans des camps » , a ajouté le préfet.

Le campement de fortune, où plus de 800 tentes étaient installées, est majoritairement constitué d'hommes seuls, originaires de la Corne de l'Afrique ou d'Afghanistan. Beaucoup sont auparavant passés par d'autres campements à Paris, successivement démantelés, mais qui se recréent un peu plus loin, en banlieue Nord.

Mouvements de foule

Au bord du canal de Saint-Denis, au nord-est de la capitale, de nombreuses personnes attendaient d'être prises en charge par des agents de la préfecture et d'embarquer dans des bus. Mais la confusion a régné en début de matinée, provoquant des mouvements de foule et obligeant la police à filtrer les sorties du campement.

« Les gens sont épuisés, regrette Silvana Gaeta du collectif Solidarité Migrants Wilson, actif dans le nord de la capitale, citée par l'AFP. Pour certains c'est la dixième évacuation. Ils savent qu'ils vont se retrouver dans des gymnases et la moitié va se retrouver dès ce soir à la rue. Ils poussent les migrants hors de Paris et surtout hors de la vue des gens, bien cachés, comme cela les gens pensent que tout se passe bien et que les migrants sont bien hébergés et bien pris en charge. Ce qui est faux. »

En fin de matinée, les pelleteuses et les équipes de nettoyage s'affairaient à débarrasser les tentes, amas de vêtements et objets laissés sur place.

Sentiment de déjà-vu

Les associations d'aide aux migrants vivent cette évacuation comme « un sentiment de déjà-vu. Il y a de l'usure, du désespoir, presque cinq ans que cette situation dure. Ce film on l'a déjà vu. L'État est incapable d'accueillir dignement », dénonce Louis Barda, coordinateur général de Médecins du monde à Paris.

Dans le campement de fortune, des centaines de tentes s'étendent de part et d'autre du canal qui délimite Paris de la Seine-Saint-Denis pour seulement deux points d'eau. « Les gestes barrière pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, notamment la distanciation physique, sont impossibles à faire respecter dans les campements, et les populations précaires sont celles qui sont les plus exposées au Covid », avertit Louis Barda qui est persuadé que le campement se reconstituera « dans quelques jours ».

La nouvelle maire d'Aubervilliers Karine Franclet (UDI), qui avait écrit au préfet de Seine-Saint-Denis pour réclamer l'évacuation du campement, s'est réjouit de son démantèlement tout en concédant que « la solution n'est pas pérenne. C'est une problématique qu'il faut régler à l'échelle nationale mais là, il y avait une urgence sanitaire à laquelle il fallait répondre », a-t-elle déclaré.

Le site présente par ailleurs « un risque avéré pour la sécurité des personnes et deux noyades ont d'ores et déjà été constatées », indique l'arrêté préfectoral qui a été placardé sur plusieurs poteaux électriques alentour.

(Avec AFP)

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