Mort de Jacqueline Sauvage, symbole des violences conjugales en France

Jacqueline Sauvage lors d'une apparition sur la chaîne française TF1, le 20 février 2017.
Jacqueline Sauvage lors d'une apparition sur la chaîne française TF1, le 20 février 2017. Handout / TF1 / AFP

Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son époux violent, avant d'être graciée par le président Hollande. Ses obsèques ont eu lieu mardi.

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La Française Jacqueline Sauvage, devenue un symbole des violences conjugales après sa condamnation pour le meurtre de son époux violent puis graciée, est décédée, a annoncé ce mercredi son entourage. Selon le quotidien régional La République du Centre, qui a révélé l'information, elle s'est éteinte à 72 ans, le 23 juillet, à son domicile de La Selle-sur-le-Bied, dans le centre de la France, commune d'un millier d'habitants où s'était noué le drame conjugal.

Graciée après quatre années en prison

En 2012, Jacqueline Sauvage avait tué son mari de trois coups de fusil dans le dos après avoir subi pendant 47 ans ses violences, notamment sexuelles, dont ses quatre enfants ont également été victimes. Son acte était intervenu au lendemain du suicide de leur fils.

Condamnée à dix ans de prison en première instance, comme en appel fin 2015, elle avait finalement été graciée par le président de l'époque, François Hollande, en décembre 2016, après quatre ans passés derrière les barreaux. Son cas avait ému des associations féministes, des personnalités du monde de la culture, des responsables politiques. Une pétition appelant à sa libération avait recueilli près de 436 000 signatures.

Muriel Robin: « Plein de Jacqueline Sauvage en France et dans le monde »

« Je suis extrêmement triste, je suis très choquée », a confié à l'AFP l'une de ses avocates, Nathalie Tomasini. « Jacqueline Sauvage, par son histoire, par son affaire, a participé à éveiller les consciences par rapport à l'existence de ces femmes qui se sont battues pendant des années dans le huis clos familial et dans l'omerta de la société. »

« La souffrance de Jacqueline n'aura pas servi à rien. En revanche, la souffrance de beaucoup d'autres, plus de 300 par an, n'est pas entendue », a estimé, sur Europe 1, l'actrice Muriel  Robin qui avait incarné Jacqueline Sauvage dans un téléfilm en 2018 sur TF1, qui avait fait un carton d'audience.

« Il y a plein de Jacqueline Sauvage en France et dans le monde. On ne fait pas assez pour elles. Qui aura ces cadavres sur la conscience ? On a avancé avec le cas de Jacqueline Sauvage, mais dans le même temps, on recule. On continuera de se battre », a encore ajouté l'humoriste.

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