Accéder au contenu principal

France: ouverture du procès d'un membre de la «Brigade anti-négrophobie»

Un employé nettoie la statue de Jean-Baptiste Colbert, devant l'Assemblée nationale à Paris, en partie recouverte le 23 juin 2020 de peinture rouge au torse et aux jambes et d’une inscription «—Négrophobie d’État—».
Un employé nettoie la statue de Jean-Baptiste Colbert, devant l'Assemblée nationale à Paris, en partie recouverte le 23 juin 2020 de peinture rouge au torse et aux jambes et d’une inscription «—Négrophobie d’État—». AP Photo/Thibault Camus
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce vendredi 14 août à Paris s'ouvre le procès de Franco Lollia, porte-parole du mouvement la « Brigade anti-négrophobie », accusé d'avoir tagué la statue de Jean-Baptiste Colbert. Des faits qui arrivent dans un contexte particulier à la suite de l’assassinat raciste de George Floyd, aux États-Unis. Un racisme dénoncé en France par les militants de la « Brigade anti-négrophobie ».

Publicité

Ce jeudi 23 juin, en plein milieu d’après midi, la statue de l’un des principaux ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, qui trône devant l’Assemblée nationale, est prise d’assaut.

Souillée de peinture rouge sang sur son torse, sur ses jambes et d’une inscription : « Négrophobie d’État » en lettres majuscules. Jean-Baptiste Colbert, a été l'initiateur du Code noir codifiant le statut des esclaves.

Les forces de l’ordre postées devant l’Assemblée nationale n’ont pas vu venir l’auteur de ces dégradations : il s'appelle Franco Lollia. La scène a été filmée. Le geste reste symbolique et se veut aussi militant.

L'objectif de ce mouvement – la « Brigade anti-négrophobie » – est de dénoncer le racisme institutionnel en France. Elle mène donc des actions chocs qu'elle médiatise.

En octobre 2010, par exemple, elle a lancé un appel au boycott de la célèbre marque de parfum Guerlain suite aux propos racistes tenus par son héritier Jean-Paul Guerlain.

Dénoncer, saisir la justice, telle est la mission de cette brigade, qui depuis sa création en 2005, à la suite des violences dans les banlieues, lutte de manière « radicale » contre les injustices et les discriminations dont sont victimes les Noirs en France.

Me Dominique Monotuka est l'avocat de Franco Lollia. Il dénonce l'attitude de la France qui défend une statue d'un homme qui est à l’initiative du Code noir, qui a légiféré l’esclavage dans les colonies françaises.

Nous allons demander à la France, à travers son tribunal, pourquoi cette attitude. Qu'est-ce que les Noirs leur ont fait pour qu'ils soient aussi déterminés pour mettre mon client en garde à vue et le traîner devant les tribunaux.

Me Dominique Monotuka, avocat de Franco Lollia, le porte-parole de la «Brigade anti-négrophobie»

Franco Lollia sera jugé ce vendredi pour des faits d'« inscription, signe ou dessin réalisés sur une façade, une voie publique ou du mobilier urbain ». Il risque une amende qui peut s'élever jusqu'à 3 750 euros et une peine de travail d'interêt général.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.