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Attentats de janvier 2015: forte émotion à l'ouverture du procès

L'ancien chroniqueur de «Charlie Hebdo» Patrick Pelloux (c) lors d'une suspension d'audience, ce mercredi 2 septembre.
L'ancien chroniqueur de «Charlie Hebdo» Patrick Pelloux (c) lors d'une suspension d'audience, ce mercredi 2 septembre. REUTERS/Charles Platiau

Le procès des attentats de janvier 2015 a débuté ce mercredi matin devant la cour d’assises de Paris. La première journée a été consacrée à l’appel des accusés, des parties civiles et des témoins. Puis le président du tribunal a lu pendant plus de trois heures le rapport qui résume le dossier d’instruction. Et là, l’émotion s’est invitée dans la salle d’audience.

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De notre envoyée spéciale au palais de justice de Paris,

« Le mercredi 7 janvier 2015, à 11h30, deux hommes habillés en noir, cagoulés et armés, font irruption dans l'immeuble du 7, rue Nicolas Appert, à Paris. » D’une voix claire malgré son masque, le président débute sa lecture.

Un peu plus loin, il énumère le nom des 12 victimes et se trompe sur le prénom de Charb, l’ancien directeur de la publication de Charlie Hebdo. Sa mère sort en larmes de la salle d’audience. « Il s’appelait Stéphane, pas François », glisse-t-elle. Comme elle, d’autres rescapés ou proches des victimes des attentats vont quitter la salle pendant le récit des attaques.

Pour beaucoup, être présent aujourd’hui, c’est vraiment très dur. À leur arrivée, ce mercredi matin, des membres ou anciens membres de Charlie Hebdo se sont longuement serrés dans leurs bras. Riss, le directeur du journal, la dessinatrice Coco ou bien encore l’urgentiste Patrick Pelloux, ancien chroniqueur de l’hebdomadaire. C’est l’un des premiers à être arrivés sur place après l’attentat.

Patrick Pelloux ne voulait pas venir aujourd’hui, mais il a finalement changé d’avis : « Ceux qui sont morts, ils auraient voulu qu'on ait le courage d'être debout. Voilà... Il faut avoir le courage. Sachez que le procès qu'il y a là, c'est pour défendre la liberté d'expression, c'est tout ça qui se joue là et on tremblera pas. On ne tremble pas, on est fort, on est debout et on gagne. »

Lassana Bathily, lui, n’a pas hésité. Mais ce Franco-Malien, qui a aidé d’autres otages à se cacher dans l’Hyper Cacher, le reconnaît, ce n’est pas facile de se retrouver face aux accusés.

« Pour moi déjà c'est dur de les regarder parce que qu'ils soient les accusés, les tireurs, ils sont tous pareils. Pour moi, ils sont tous pareils. La personne qui a appporté du soutien à des terroristes, à des tireurs, je les mets tous dans le même panier. C'est stressant, mais c'est important. On attend ça depuis longtemps, pour nous c'est important d'être là pour finir par savoir. »

Finir cela, nous dit Lassana Bathily, tourner une page, une fois que justice aura été faite. C’est l’espoir de beaucoup des survivants des attentats.

À lire aussi :  «Charlie Hebdo», Montrouge, Hyper Cacher: le procès des attentats s'ouvre ce mercredi

« Les services de l’État ont failli »

Autre moment marquant de cette première journée, quand une avocate de la défense a mis en cause les services de renseignement français. L’avocate du principal accusé a décidé de protester contre la tenue du procès dans le nouveau tribunal de Paris et non pas sur l’île de la Cité. Le vieux palais de justice est actuellement en travaux.

Me Coutant-Peyre en profite pour dévoiler sa ligne de défense. « Je rappelle au préalable que je compatis à la souffrance de toutes les victimes », commence-t-elle. « Mais cette souffrance, elle n’aurait pas dû arriver. Elle ne serait pas arrivée si les services de renseignement avaient fait correctement leur travail. Les services de l’État ont failli », juge-t-elle.

Des propos odieux, réagissent plusieurs avocats des parties civiles. « J'ai qualifié cette défense d'indécente non pas que je nie à la défense le droit à l'indécence, on est quand même aussi dans un procès de la liberté d'expression et donc j'entends aussi donner à la défense toute sa liberté de parole, commente Me Patrick Klugman, qui représente des otages de l’Hyper Cacher. Mais moi à la place que j'occupe j'ai tout le droit de dire que c'est indécent et j'espère qu'ils assumeront le coût judiciaire de cette indécence qui est une manière misérable de se défausser. Misérable. Parce que au moins quand on est là parce qu'on a eu une conviction religieuse qui a follement conduit à tuer, au moins on assume. »

Quatorze personnes comparaissent, essentiellement pour avoir apporté un soutien logistique aux trois terroristes. Le procès reprendra jeudi avec l’examen de la personnalité des accusés. Il se terminera le 10 novembre. 

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