Procès des attentats de 2015 en France: quel est le profil des accusés?

Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France.
Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France. Thomas COEX / AFP

En France, au deuxième jour du procès des attentats de janvier 2015, la cour a commencé l’examen de la personnalité et du parcours de six des accusés. Parmi eux, la plupart sont des délinquants, aux profils différents, mais tous réfutent tout lien avec les attaques terroristes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher ou de Montrouge.

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Avec notre envoyée spéciale au tribunal de Paris, Laura Martel

Les six accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste et criminelle. Il leur est surtout reproché d’avoir fourni des armes aux terroristes. Parmi eux, on compte les deux amis belges, doyens de ce dossier. Michel Catino, 69 ans, est un joueur invétéré. Dans son casier, on trouve des condamnations liées à l’utilisation de sa voiture dans un braquage et aux jeux clandestins qu’il organisait dans son café.

Par ce biais, il rencontre un autre joueur, Metin Karasular, 50 ans aujourd’hui, 13 condamnations à son actif, essentiellement pour infractions routières. Une autre, cependant, intéresse plus la cour : détention et stockage d’armes. L’homme minimise et s’exclame : « Je suis innoncent, plus que tout le monde ici ». « Je compatis avec les victimes, j’ai connu une douleur comme ca à la mort de mon fils », affirme quant à lui Michel Catino.

« Je suis vacciné contre l'extrémisme »

Les trentenaires Abdelaziz Abbad, Mohamed Fares et Miguel Martinez ont eux aussi fait plusieurs séjours en prison, essentiellement pour des affaires de stupéfiants ou des violences. Tous clament leur innocence. Miguel Martinez évoque sa conversion très jeune, le réconfort que lui apporte l’islam après la mort de son père. « Mais je suis vacciné depuis longtemps contre l’extrémisme, mes proches m’ont raconté les horreurs des années noires en Algérie », assure-t-il.

Avec émotion, il ajoute :« J’ai profondément honte de me retrouver dans une affaire comme cela, je me sens très mal d’être devant les familles des victimes comme si j’étais responsable de leur malheur ». Le cannabis a valu aussi des ennuis à Saïd Makhlouf. « Je suis un gros fumeur mais je n’avais jamais été incarcéré », pointe le trentenaire, qui affirme « ne pas supporter cette étiquette de terroriste qu’on veut à tout prix lui coller ».

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