Covid-19 en France: la flambée des demandes de tests ébranle la stratégie de dépistage

Des personnes font la queue en attendant un test PCR pour le nouveau coronavirus dans un laboratoire médical à Paris, le 4 septembre 2020.
Des personnes font la queue en attendant un test PCR pour le nouveau coronavirus dans un laboratoire médical à Paris, le 4 septembre 2020. Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Avec des laboratoires pris d'assaut par des Français souhaitant se faire tester pour le Covid-19, les délais s'allongent et le traçage des contacts des malades est de plus en plus difficile à réaliser.

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Pour enrayer une possible deuxième vague de coronavirus, la stratégie gouvernementale repose sur un tryptique : tester, tracer, isoler. Mais depuis la rentrée, la mécanique semble se gripper.

Un chiffre l'indique. Début août, le délai moyen entre la date de début des symptômes et la date de prélèvement pour analyse était de trois jours, le 23 août ce délai est passé à 3,3 jours, selon Santé Publique France.

Dans les laboratoires français, c'est donc l'embouteillage. En début de semaine, le ministère de la Santé annonçait que plus d'un million de tests PCR Covid-19 étaient désormais réalisés chaque semaine, soit deux fois plus qu'en juillet.

Une stratégie menacée

Conséquence : il faut parfois attendre sept jours pour savoir si l'on est positif au Covid-19. « On ne teste pas les bonnes personnes, si les tests ne sont pas réalisés très rapidement, le résultat ne sert plus à rien car le mal est déjà fait », indique l'épidémiologiste Catherine Hill, interrogée par le journal Le Monde. Avec ce délai rallongé, « on isole les malades quand ils ne sont plus contagieux », prévient-elle.

Les personnes qui ont des symptômes doivent être prioritaires comme les personnes qui ont besoin du test pour voyager

Patrick Berche, biologiste et chef de service de microbiologie de l'hôpital Necker.

Tout aussi inquiétant, le pourcentage de personnes en lien avec un cas positif et qui sont alertées ne cesse de baisser. Il est passé de 98% au début de l'été à 92% à la mi-août. Quant à l’application StopCovid, elle peine à trouver sa place. Depuis son lancement, elle n'a été téléchargée que par 2,4 millions d'utilisateurs - et n'a permis d'avertir que 72 personnes d'une récente rencontre à risque.

Les tests continuent toutefois leur progression, avec 1 029 275 sur les sept derniers jours, soit près de neuf millions réalisés en tout depuis le début de l'épidémie. Et leur taux de positivité (proportion du nombre de personnes testées positives par rapport au nombre total de personnes testées) continue parallèlement d'augmenter : il a atteint 4,5% entre le 26 août et le 1er septembre, d'après la DGS, alors qu'il s'établissait à 4,3% les jours précédents.

À écouter aussi Reportage France – Coronavirus: en Bretagne, les laboratoires face à la multiplication des demandes de test

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