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France: un plan à 7 milliards d’euros pour une production d’hydrogène nationale

Deux taxis à hydrogène devant l'une des trois stations de la région parisienne, en face de la Tour Eiffel.
Deux taxis à hydrogène devant l'une des trois stations de la région parisienne, en face de la Tour Eiffel. RFI/L.Berthault
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le gouvernement français a présenté mardi 8 septembre sa stratégie pour la filière hydrogène. Au total, Paris compte mettre 7 milliards d'euros sur la table, dont 2 milliards dès 2021-2027, dans le cadre du plan France Relance. Mais il y a encore beaucoup à faire avant que l'hydrogène s'implante largement en France.

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La stratégie à 7 milliards d’euros d’ici 2030 du gouvernement a deux ambitions : d'abord, limiter les émissions de gaz-à-effet de serre. « On est sur une grosse ambition, a insisté Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. On veut d’ici la fin de la décennie baisser nos émissions de CO2 de 6 millions de tonnes, ce qui est quand même l’équivalent des émissions annuelles de la ville de Paris, grâce à cette nouvelle production d’énergie », explique-t-elle.

Pour cela, il faut rendre l'hydrogène plus verte en la fabriquant à partir d'eau et d'électricité. Pour cela, un peu moins de la moitié du budget sera débloqué d'ici à 2023, soit 3,4 milliards d'euros qui iront pour moitié à la décarbonation de l'industrie. Le reste financera le développement de la mobilité professionnelle et le soutien à la recherche.

Le gouvernement veut une production d’hydrogène française

Car l'objectif environnemental ne doit pas exclure le deuxième objectif : la souveraineté, selon le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. « C’est un choix industriel. Nous ne mettons pas 7 milliards d’euros pour subventionner la consommation d’hydrogène produit hors des frontières françaises, nous mettons 7 milliards d’euros pour bâtir une nouvelle filiale industrielle avec les emplois qui vont avec », martèle-t-il.

Une stratégie en ligne avec la vision et les espoirs de de l'Association française pour l'hydrogène et les piles à combustibles (Afhypac). Son président Philippe Boucly est satisfait des annonces : « Là, on a à la fois cette vision pour la décennie qui vient et les montants associés. Il s’agit maintenant de se mobiliser, pour tous les acteurs. »

Bruno Le Maire a insisté sur les contreparties : il attend en retour que la France soit la meilleure en Europe dans la filière hydrogène.

Beaucoup à faire pour l’implantation en France

Car pour l’instant, seulement une petite quarantaine de stations à hydrogène sont actuellement ouvertes en France selon l'observatoire de l'Afhypac. Sur le plan industriel aussi, la marge de manœuvre est encore grande.

Certes, des grands groupes comme Airliquide s'investissent dans le secteur. Des entreprises ont lancé des projets de production « verte » par électrolyse, c'est-à-dire à partir d'eau, en séparant les atomes d'hydrogène et d'oxygène.

Mais dans le journal Le Monde, le vice-président de l'Afhypac, Fabio Ferrari, reconnaît que jusqu'à présent, les tentatives d'implanter une filière ressemblaient beaucoup aux efforts de Sisyphe. À ses yeux, le plan du gouvernement à 7 milliards d'euros d'ici à 2030 constitue une étape.

La France voudrait s'associer avec l'Allemagne

L'aide publique change d'échelle. En 2018, un plan avait été lancé, mais il était doté d'une enveloppe de 100 millions d'euros. Ce nouveau plan ne doit pas seulement équiper la France en infrastructures.

Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie, expliquait la semaine dernière sur BFM Business que l'enjeu était « de renforcer et d'accélérer la structuration de l'industrie hydrogène en France ». Pour construire une filière efficace, Paris ne veut pas faire cavalier seul et espère lancer un projet commun avec l'Allemagne. Berlin investit de son côté 9 milliards d'euros dans le secteur.

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