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Récit

Covid-19: un test PCR positif ne rime pas forcément avec contagiosité

Un homme se fait tester au coronavirus devant la mairie de Paris, le 2 septembre 2020.
Un homme se fait tester au coronavirus devant la mairie de Paris, le 2 septembre 2020. Christian Hartmann/Reuters
5 mn

Steve Mandanda, gardien de l'équipe de France de football, n'était pas au dernier rassemblement des Bleus. En cause : ses deux tests positifs au Covid-19 à un mois d'intervalle. Aujourd’hui, ces tests PCR restant positifs plusieurs mois après la guérison du patient sont de plus en plus nombreux, se rendent compte les autorités sanitaires. Alexis Bedu, journaliste au service France-Sciences de RFI, a lui-même vécu cette expérience. 

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J'ai été contaminé lors de la première vague en mars dernier. Un test sérologique réalisé en mai après le confinement atteste la présence d'anticorps dans mon sang. Et pourtant, pour partir sur un reportage fin août, je dois réaliser un test PCR. Le résultat surprend : positif. Je me mets en quarantaine et réalise un deuxième test le lendemain qui s’avère positif également. Un troisième prélèvement une semaine plus tard se révèlera finalement négatif. 

Un virus totalement inactif 

Les médecins du service maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dont je me suis rapproché expliquent qu’il s’agit de « résidus viraux de la contamination du mois de mars ». Six mois après, il peut encore y avoir des traces de virus. C’est le fameux ARN, acide ribonucléique, détecté dans les tests nasopharyngés. « Une fois que l’on guérit, ces virus morts sont toujours excrétés par les voies naturelles, explique Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l'hôpital Avicenne, en Seine-Saint-Denis. Quand on fait une PCR alors que l’on est totalement guéri, elle peut revenir positive, car elle détecte du matériel de virus. Mais ce virus est totalement inactif. Cela peut durer au moins trois mois après la guérison. »

Le test PCR donne une réponse binaire : positive ou négative. Dans les millions de prélèvements réalisés chaque jour dans le monde, il n'y a aucune indication quant à la quantité de virus détecté. Une PCR positive ne veut pas dire que l’on est à la phase active de la maladie et encore moins que l’on est contagieux. En moyenne, la durée de contamination du Covid-19 est environ de dix jours pour les formes mineures et quinze jours pour les formes les plus sévères. Aujourd’hui en France, le protocole exige une quatorzaine obligatoire, que le patient soit contaminant ou non. Selon le professeur Adnet, il faudrait une analyse plus fine mais il ne faut surtout pas interrompre la politique de dépistage massive. « On essaie au maximum de casser la transmission du virus. Pour cela, il faut isoler tous les patients susceptibles de transmettre la maladie. Aujourd’hui, les critères de guérison, ce sont deux PCR négatives. Or, on sait très bien que ces PCR peuvent être positives bien longtemps après la guérison. Ce ne sont pas des bons critères mais ils ont été choisis et ils ont fait leurs preuves pour ralentir la transmission du virus dans la population. » 

Réinfection rare mais possible

Le protocole semble tout de même évoluer en France. La période d'isolement en cas de test positif pourrait être raccourcie à sept jours. C'est le conseil de défense et de sécurité nationale qui tranchera ce vendredi 11 septembre. Le problème qui se pose dans le cas d'un test positif plusieurs mois après la première contamination, c’est qu’il existe désormais une autre hypothèse : la réinfection. Les scientifiques considéraient jusqu'ici que l'immunité provoquée par une première infection était efficace. Aucun cas de réinfection n'avait été signalé depuis le début de l'épidémie. Puis, il y a eu le patient de Hong Kong à la fin du mois d'août, deux fois infecté par deux variantes génétiquement différentes du même virus. « Ces quelques cas de réinfection, qui sont bien documentés, prouvent que malheureusement l’immunité, si elle existe, est transitoire et n’est pas efficace quand il y a des variations génétiques du virus, détaille Frédéric Adnet. C'est une très mauvaise nouvelle que l’immunité collective ne soit pas une barrière efficace. Si on met en évidence de plus en plus de cas de réinfection, on s’engage vers une maladie qui risque de devenir chronique. »

Devant cette énième complication, comment diagnostiquer ? Comment faire la différence entre un cas de réinfection ou un test toujours positif après guérison ? Au vu du nombre croissant de personnes asymptomatiques, la tâche s'annonce très compliquée. 

 

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