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France: les «gilets jaunes» manifestent à nouveau, plusieurs interpellations à Paris

Manifestation des Gilets jaunes à Paris, le 12 septembre 2020.
Manifestation des Gilets jaunes à Paris, le 12 septembre 2020. Alain JOCARD / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Près de deux ans après les premières manifestations, les « gilets jaunes » sont de retour dans la rue ce 12 septembre après une longue pause. Plusieurs rassemblements ont lieu à Paris et dans d’autres villes de France comme Bordeaux, Marseille, Toulouse, Nantes, Lille ou encore Lyon.

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Ce samedi 12 septembre en France correspond au retour dans les rues des « gilets jaunes ». Quelques centaines de personnes manifestent à Paris où deux rassemblements ont été autorisés. D’autres mobilisations sont prévues dans le reste de la France.

Dans la capitale, les manifestations sur les Champs-Élysées, où un important dispositif policier a été déployé, ont été interdites. Didier Lallement, le préfet de Paris, l'a redit : il ne peut pas y avoir de destruction et de chaos sur l'avenue des Champs-Élysées. A 15H45, 222 personnes avaient été interpellées et selon le parquet de Paris, 86 personnes étaient en garde à vue en milieu d'après-midi.

Les deux manifestations autorisées ont pour départ la place de la Bourse, dans le centre de Paris, et la place Wagram, à l'ouest de la capitale. Des premières tensions ont éclaté sur cette dernière lorsque des manifestants ont tenté d'emprunter un itinéraire différent de celui déclaré, provoquant ainsi jets de projectiles et usage de gaz lacrymogène.

Le premier cortège a donc quitté la place de la Bourse vers midi en direction de la place de Champerret. Après avoir été bloqué plusieurs dizaines de minutes, il a repris sa sa course peu avant 14h. Les manifestants sont peu nombreux. Ils avancent en rang serré, masqués, rapporte notre envoyée spéciale sur place, Lucie Bouteloup. Les slogans, eux, n’ont pas changé : « Macron démission, révolution » ou encore « Macron, dictateur en prison ».

Ce qui est dommage, c’est qu’on n’arrive pas à se fédérer tous ensemble pour être encore plus visible mais on est toujours là.

Amina, une manifestante d'une cinquantaine d'années

Chantal, la soixantaine, est là par solidarité pour ce mouvement qui partage, selon elle, « des idéaux d’égalité et louables ». « Plus de justice sociale », c’est aussi ce que demande Pierre, 70 ans, présent comme à chacun des rendez-vous. Dans le nord-ouest de la capitale, proche de la place Wagram, lieu de rassemblement, des affrontements ont éclaté tout au long de l'après-midi entre manifestants et forces de l'ordre. Des poubelles ont été incendiées, le mobilier urbain renversé et une voiture brûlée. De leur côté, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants sortis du parcours autorisé par la préfecture.

De nouvelles règles pour le maintien de l'ordre

Cette journée de mobilisation est également un test pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a présenté vendredi 11 septembre des mesures concernant le maintien de l'ordre.

Dès ce samedi, chaque tir de LBD, le lanceur de balles de défense controversé, devra désormais être soumis à l'accord d'un superviseur. Concernant les grenades de désencerclement, également responsables de nombreux blessés lors des précédentes manifestations, les policiers devront désormais en utiliser de nouvelles, deux à quatre fois moins impactantes que les précédentes, selon le ministre. Cette nouvelle grenade possède également un bouchon allumeur qui ne saute plus au moment de l'explosion.

Des panneaux lumineux et des hauts-parleurs puissants devraient aussi être déployés dans les prochains mois pour que les messages et les sommations envoyés aux manifestants soient mieux entendus.

À terme, il est même prévu d'envoyer automatiquement des SMS à tous les téléphones localisés sur les lieux des manifestations. Pour finir, le nouveau schéma national de maintien de l'ordre comprend désormais un cadre législatif pour que les forces de l'ordre puissent exploiter les images de drone.

Ces mesures ont été initiées par le prédécesseur de Gérald Darmanin, Christophe Castaner, après des polémiques à répétition sur la gestion très controversée des manifestations et les blessés graves lors de ces rassemblements.

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