Accéder au contenu principal

Procès de l’attentat de «Charlie Hebdo»: la détresse de la famille du policier Ahmed Merabet

Le procès de l'attentat de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher se tient à la cour d'Assises spéciale de Paris, le 2 septembre 2020. (Illustration).
Le procès de l'attentat de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher se tient à la cour d'Assises spéciale de Paris, le 2 septembre 2020. (Illustration). REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La cour d'assises spéciale de Paris a entendu ce lundi 14 septembre les témoignages de la famille de la 12e et dernière victime de la tuerie de Charlie Hebdo : le gardien de la paix Ahmed Merabet, que les frères Kouachi avaient abattu alors qu'il était à terre. La scène, filmée par un riverain, avait fait le tour du monde. Ce qui écœure les proches du policier.

Publicité

Une photo d'Ahmed Merabet fier, en uniforme. Puis plus tard, une autre du jeune homme souriant, au milieu de sa famille qui a tenu à ce que ces images soient projetées. À la barre, ses trois sœurs, ses frères n'ont pas eu la force de venir et sa compagne, Morgane. Avec la vidéo de son assassinat, « le monde entier se souvient d'Ahmed comme d'un homme à terre, mais moi, je m'y refuse », dit-elle. Avant de le décrire « ambitieux, généreux ». Il était devenu le pilier du clan depuis le décès de son père, en 1995.

« Qu'on arrête de le montrer en train de se faire assassiner »

Sa mort « a brisé notre famille », raconte sa sœur aînée. C'est une « plaie ouverte » qui n'arrive pas à cicatriser malgré les séances de psy et les médicaments pour certains.

Cette douleur est sans cesse ravivée par la diffusion à la télévision des images de l'exécution d'Ahmed Merabet. « On essaie d'avancer, mais tous les ans à la même période, c'est la même chose : on revoit cette vidéo et on entend sa voix. C'est inhumain, explique l'une de ses sœurs. J'en veux énormément à celui qui a partagé cette vidéo sur les réseaux sociaux. J'en veux aussi aux médias ». Elle implore : « Qu'on arrête de le montrer en train de se faire assassiner. Qu'il repose en paix ».

Les regrets des policiers arrivés sur place

De leur côté, les policiers qui témoignent expriment leurs regrets : « Je suis vraiment désolé pour la famille d’Ahmed de ne pas avoir fait plus... de ne pas avoir pu faire plus », soupire un policier de la BAC. Il ajoute ensuite en ce qui concerne les victimes de Charlie Hebdo : « Si on était arrivé une ou deux minutes avant, on aurait peut-être pu empêcher Kouachi de monter » dit-il la gorge serrée.

Comme lui, à la barre, plusieurs policiers racontent que pendant des mois, ils se sont demandé ce qu’ils auraient pu faire différemment, alors qu’ils ne savaient pas que les locaux du journal se trouvaient là.

Un sentiment de culpabilité

Une très longue thérapie a permis à Marie, gardienne de la paix, de surmonter ce sentiment de culpabilité : « J’ai mis du temps à vraiment accepter l’événement et à me dire que je ne pouvais pas faire autrement. Moi je me dis qu’on peut toujours faire plus, mais en m’ayant refait la scène, il n’y avait rien d’autre à faire. Ils étaient surarmés et porteurs de gilets pare-balles lourds. Avec les armes de service qu’on a, c’est quasiment impossible de les atteindre. Quand on voit les images, ils sont assez préparés, ils sont sûrs d’eux. » Traumatisée, Marie a demandé à changer de zone d’intervention.

D’autres ont changé de service pour quitter la rue et sont même partis en régions. Par exemple, cette policière qui a rejoint le service de communication pour ne plus avoir à porter son uniforme. Elle adorait pourtant être sur le terrain. Mais elle explique que quand elle le met, elle a l’impression d’être une cible.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.