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Le déploiement de la 5G fait débat en France

Les enchères pour l'attribution des premières fréquences de la 5G doivent se tenir en septembre en France.
Les enchères pour l'attribution des premières fréquences de la 5G doivent se tenir en septembre en France. REUTERS/Tingshu Wang
7 mn

Quel avenir pour la 5G en France ? Cette cinquième génération de réseau mobile fait débat. Elle permettra d'avoir une connexion Internet plus rapide pour les smartphones. Mais des élus et des citoyens s'opposent à cette nouvelle technologie quand le président de la République Emmanuel Macron, lui, la vante.

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Le déploiement de la 5G est bel est bien lancé. La phase des enchères pour l'attribution des blocs de fréquences débutera fin septembre. Les quatre principaux opérateurs de téléphonie vont se répartir ces fréquences. Onze blocs de 10 mégahertz, qui seront accessibles à partir de 70 millions d’euros l’unité. Le déploiement effectif de la 5G n’aura lieu qu’à partir des deux derniers mois de l’année. D'ici 2020, chaque opérateur devra avoir déployé 3 000 sites 5G.

Une innovation décriée

Les voix s'élèvent, notamment à gauche, depuis plusieurs mois contre la 5G. Il y a des questionnements : quel sera l’impact écologique de cette nouvelle technologie ? Y’aura-t-il un impact sur la santé de la population ?

Ce dimanche 13 septembre, une soixantaine d'élus dont les maires écologistes de Bordeaux, Lyon, et Marseille, ou encore Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ont signé une tribune demandant la tenue d'un « débat démocratique décentralisé ».

« La 5G fait partie d’une fuite en avant techno-scientiste. Le numérique émet 4% de la totalité des gaz à effets de serre, cela devrait être le double d’ici cinq ans, explique Eric Piolle, maire Europe Écologie les Verts de Grenoble, farouche opposant de la 5G. En France, plein de gens sont dans des zones blanches et n’ont pas accès à Internet. Est-ce que l’on doit passer à une nouvelle technologie qui va consommer encore plus d’énergie ou est-ce qu’il faut donner Internet à toutes et tous ? »

« Pas de retour à la lampe à huile »

La 5G est une révolution technologique qui inquiète et déchaîne les passions. Certaines associations anti-5G questionnent notre modèle de société. Le collectif Pièces et Mains d'Oeuvre explique dans un récent texte que « la 5G est la dernière vague de l’emballement technologique qui accélère l’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine ». Ces opposants se définissent comme « une minorité refusant la déshumanisation par l’automatisation ».

Le président de la République a répondu à ces différents détracteurs ce lundi 14 septembre devant une centaine d'entrepreneurs et entrepreneuses de la « French Tech ». « La France va prendre le tournant de la 5G car c’est le tournant de l’innovation, assure Emmanuel Macron. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle amish », a-t-il ajouté en référence à cette communauté religieuse d'Amérique du Nord, austère et en dehors de tout progrès du monde extérieur.

Les ONG environnementales ont fustigé ces propos, rappelant que la Convention citoyenne sur le climat voulu par le président avait proposé un moratoire sur le déploiement de cette technologie. « Le moratoire sur la #5G n’émane pas des Amish (qu’on les laisse tranquilles) mais des Française-es tirées au sort pour la Convention citoyenne pour le #climat que Macron a lui-même mise en place. Mais apparemment, il n’y croyait pas non plus », a tweeté Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace.

La 5G consomme moins que la 4G, mais pour fonctionner elle a besoin de plus d'antennes. Pour les experts de la transition énergétique, il y a désormais consensus pour dire « qu’un équipement 5G consomme trois fois plus qu’un équipement 4G ». De nombreuses clarifications sont réclamées. Un rapport rédigé par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'Inspection générale des finances (IGF) exclut tout risque pour la santé et encourage la mise en place de la 5G.

► À lire aussi : 5G: vers un bannissement de Huawei des réseaux mobiles en France ?

5G: Huawei poursuit des opérations de séduction

Dans 15 jours, les premières licences seront octroyées aux opérateurs télécoms. Le géant chinois Huawei, écarté à long-terme du paysage, continue ses opérations de séduction. Mardi, on a appris que l'ancien député et ministre Jean-Marie Le Guen devenait administrateur de Huawei France, dans les efforts du groupe chinois de rester un acteur du marché hexagonal. Aujourd'hui, le PDG de Huawei France était invité au Salon « Big Data France », à la porte de Versailles à Paris.

Le 29 septembre aura lieu l'enchère pour distribuer des blocs de fréquences 5G aux opérateurs, Huawei ne relâche pas ses efforts pour maintenir sa présence sur le long-terme en France. Il faut dire que pour Huawei, c'est une question stratégique.

Devant un parterre clairsemé de professionnels de la big data, le PDG de Huawei France Weiliang Shi a évoqué les centaines de millions d'euros investis dans le développement dans l'Hexagone. A commencer par un site qui devait être destiné à produire des antennes 5G pour le pays et plus largement pour l'Europe.

Car la France est perçue par le groupe comme la porte d'entrée vers un marché d'importance, de quoi se consoler d'avoir été éjecté du stratégique marché américain.

C'est à Bruxelles que l'an dernier Huawei a inauguré son centre de cybersécurité afin de tenter de lever les doutes sur la sécurité de ses équipements. La transparence de ces équipements est donc assurée, clame Weiliang Shi. Certes, mais ais depuis, le Royaume-Uni a quand même fermé la porte à l'équipementier 5G. Et la France semble marcher dans ses pas. Le retour sur investissements pour Huawei.

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