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Procès de l'attentat de «Charlie Hebdo: le calvaire de Sophie, otage de Hyper Cacher

Hommage aux victimes de l'Hypercacher, le 9 janvier 2020 à Paris. (Illustration)
Hommage aux victimes de l'Hypercacher, le 9 janvier 2020 à Paris. (Illustration) FRANCOIS GUILLOT / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Derniers témoignages mercredi des survivants de la prise d’otage du magasin Hyper Cacher durant laquelle Amedy Coulibaly a tué quatre personnes, avant d’être abattu. La dernière personne à s’exprimer ne l’a pas fait à la barre. C’est au travers d’une vidéo remise à la cour que Sophie, qui vit désormais à l’étranger, a raconté son 9 janvier 2015.

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Quand elle voit le visage ensanglanté de Yohan Cohen à l’entrée du magasin, Sophie n’a pas le temps de comprendre : « Face à moi, c’est Coulibaly. Il me dit, ‘’toi, tu rentres’’. J’ai tout de suite senti combien il était déterminé. ». Des quatre heures d’enfer qui s’ensuivent, Sophie évoque certains souvenirs particulièrement vivaces. Cette vision, quand Coulibaly l’envoie au sous-sol chercher d’autres otages: « J’ai dû enjamber le pauvre corps du courageux Yoav Hattab, cette image, je la garderai toute ma vie », murmure-t-elle. Certaines émotions aussi: l’impuissance, la culpabilité. « Je m’en suis tellement voulu d’avoir fait remonter du sous-sol un enfant de 3 ans », confie-t-elle. Et des sons également : « les râles de Yohan Cohen, je les entends encore ».

« J’ai décidé de quitter la France »

D’autres moments, « des moments fous, absurdes », dit-elle, « il y en a eu plusieurs ». Comme lorsque Coulibaly lui fait appeler la police locale. « J’ai dit ‘’venez vite, il y a une prise d’otages à l’Hypercacher’’. Ils m’ont répondu : ‘’ne quittez pas’’ ».

Il y a eu aussi, et Sophie tient à le souligner, des moments de solidarité entre otages. Comme prendre le risque de faire le guet pour que d’autres appellent leurs proches dès que le tueur s’éloigne. La dernière image gravée en elle, c’est celle du rideau électrique qui se lève. « Après, c’est un long chemin vers la reconstruction », confie Sophie. Mais ailleurs. « Je ne me sentais plus en sécurité, je n’arrivais plus à vivre. Je devais prendre une décision radicale : j’ai décidé de quitter la France. Cela a été un véritable déchirement, mais partir était une nécessité pour me reconstruire. » 

La cour d'assises spéciale doit se pencher à partir de jeudi 24 septembre sur les faits reprochés aux auteurs des attentats et aux 14 accusés, poursuivis pour leur soutien logistique présumé.

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