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Attaque près des anciens locaux de «Charlie Hebdo», le parquet antiterroriste saisi

Le Premier ministre français Jean Castex (c.) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin sur les lieux où plusieurs personnes ont été blessées près des anciens bureaux de «Charlie Hebdo».
Le Premier ministre français Jean Castex (c.) et le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin sur les lieux où plusieurs personnes ont été blessées près des anciens bureaux de «Charlie Hebdo». AFP/Alain Jocard
Texte par : RFI Suivre
12 mn

Deux personnes ont été blessées à l'arme blanche à Paris, ce vendredi 25 septembre, près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo. Deux suspects ont été interpellés et le parquet antiterroriste a été saisi de l'affaire.

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Ce qu'il faut retenir :

  • L'attaque s'est produite peu avant midi, près des anciens locaux de Charlie Hebdo (XIe arr.)
  • La vie des deux personnes blessées « n'est pas en danger » (Castex)
  • Deux suspects arrêtés, le « suspect principal » est âgé de 18 ans
  • Le parquet antiterroriste a été saisi

Les faits se sont déroulés peu avant midi rue Nicolas Appert. Un homme armé d'un hachoir a attaqué deux salariés de l'agence Premières lignes qui fumaient dans la rue. « Deux collègues fumaient une cigarette en bas de l'immeuble, dans la rue. J'ai entendu des hurlements. Je suis allée à la fenêtre et j'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue », raconte une autre employée de cette agence de presse et société de production installée près des anciens locaux de Charlie Hebdo

La vie des deux blessés « n'est pas en danger », a assuré le Premier ministre Jean Castex lors d'un déplacement sur les lieux.

Franchement, tout le monde courait de tous les côtés. C’était stressant.

Témoignage de Winana, une jeune femme qui se trouvait dans le quartier.

Deux personnes ont rapidement été interpellées, dont le principal suspect. Agé de 18 ans, celui-ci a été arrêté à proximité de la place de la Bastille. Dans la soirée, cinq hommes nés entre 1983 et 1996 ont à leur tour été placés en garde à vue. Selon une source judiciaire citée par l'Agence France-Presse, ils ont été interpellés à Pantin (banlieue parisienne) lors d'une perquisition dans l'un des domiciles supposés du principal suspect. 

Cette agression survient en plein procès des attentats meurtriers de janvier 2015 et alors que Charlie Hebdo a été visé par de nouvelles menaces.

« Des policiers, en armes et assez tendus, empêchent les journalistes et les curieux se rentrer dans le périmètre de l'attaque, relatait à la mi-journée notre journaliste sur place, Pierre Olivier. Y compris ceux qui veulent rentrer chez eux ou aller au travail. » La préfecture de police avait appelé, sur Twitter, à « éviter le secteur ».

Le parquet antiterroriste saisi

Une cellule de crise a été ouverte au ministère de l'Intérieur, où le ministre de Gérald Darmanin et le Premier ministre Jean Castex se sont rendus, avant d'aller, dans l'après-midi, sur les lieux de l'attaque.

Le Premier ministre, Jean Castex s'est rendu sur les lieux de l'attaque à l'arme blanche à Paris

Dans le même temps, le parquet national antiterroriste français a annoncé être saisi de l'enquête. L'enquête de flagrance est ouverte pour « tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». 

Trois raisons à cette saisine ont été données par le procureur de Paris : « D’abord la localisation [de l’attaque], précisément devant l’immeuble où était précédemment installée la rédaction de Charlie Hebdo. Deuxièmement, eu égard au moment de la réalisation de ces faits, c’est-à-dire au moment du procès des auteurs des attentats de janvier 2015. Et enfin, compte tenu de la matérialisation des faits, c’est-à-dire de la volonté manifeste de l’auteur d’attenter à la vie de deux personnes, dont il ignorait tout et qui se trouvaient, à ce moment-là, en pause cigarette. »

« Le fait que le parquet national antiterroriste se saisisse de l’enquête ne veut pas dire automatiquement qu’il s’agit d’un acte terroriste. Ce sont les éléments de l’enquête qui vont le déterminer », rappelle néanmoins sur RFI Sébastien Pietrasanta, ancien député-maire PS d'Asnières, et rapporteur du projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme.

De son côté, le Samu a indiqué avoir déclenché sa cellule de crise opérationnelle, tandis que la RATP a annoncé que plusieurs stations de métro du secteur avaient été fermées.

Les écoles du secteur sont aussi passées en « confinement provisoire ». A l'école primaire de la rue Froment, voisine de la rue Nicolas Appert, les élèves sont restés confinés jusque 16h30. Les parents racontent avoir été rapidement informés par mail des événements et des mesures mises en place par l'établissement. « On n'a pas eu peur pour nos enfants. C'est déjà une très bonne chose », témoigne un papa auprès de notre journaliste Laurence Théault. Mais une maman s'inquiète des conséquences psychologiques pour ces enfants, déjà soumis à une forte « pression psychologique en ce moment »

Ils nous ont expliqué qu'il y avait une personne assez folle dans les rues, dans le XIe (...) Les personnes qui mangeaient chez elles n'ont pas pu revenir parce que la grille de l'école était fermée.

Titouan raconte le moment où les écoliers ont été prévenus de l'attaque

L'hebdomadaire satirique, cible des jihadistes, dont la rédaction a été décimée lors de l'attentat de janvier 2015, est installé depuis à une adresse tenue secrète.

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