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Procès des attentats de janvier 2015: Willy Prévost se défend d'être un terroriste

Dessin représentant les quatorze accusés et leurs avocats, le premier jour du procès des attentats de janvier 2015.
Dessin représentant les quatorze accusés et leurs avocats, le premier jour du procès des attentats de janvier 2015. BENOIT PEYRUCQ / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le procès des attentats de janvier 2015 est entré lundi dans une nouvelle phase avec le début de trois semaines consacrées à l’interrogatoire des onze accusés présents, soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique aux terroristes. Tous, depuis le début du procès, ont condamné les attentats et nié toute adhésion à l’idéologie jihadiste.

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Association de malfaiteurs d'accord, mais terroriste, non ! « Ce que Amedy Coulibaly a fait est atroce, c’est un monstre. » Premier à venir à la barre, Willy Prévost, 34 ans, gabarit imposant, reconnaît avoir « rendu des services » au tueur de l’Hyper Cacher, mais dément avoir été au courant de ses intentions terroristes. L’homme a été l’un des premiers interpellés dans ce dossier, après que son ADN avait été retrouvé dans la voiture utilisée par Amedy Coulibaly pour se rendre à l’Hyper Cacher.

Amedy Coulibaly, c’était le grand du quartier de Grigny, en banlieue parisienne, où tous deux ont grandi. « On a fait des petits trafics de drogue ensemble, ça se passait bien », raconte Willy Prévost.

Trois gilets tactiques, deux couteaux et un taser

Mais une affaire tourne mal, Coulibaly lui réclame 30 000 euros. « Il m’a tabassé, a débarqué armé chez mes parents, et à sa sortie de prison en 2014, il est revenu exiger de l’argent », indique l’accusé. C’est donc par crainte pour lui-même et ses proches qu’il accède aux demandes de Coulibaly, dit-il. Il reconnaît ainsi avoir acheté trois gilets tactiques, deux couteaux, un taser. Avoir désactivé le traqueur de la moto du tueur et acheté la voiture avec laquelle il s’est rendu à l’Hyper Cacher.

Son avocat Hugo Levy l’affirme : il ignorait tout des intentions terroristes de Coulibaly et n’a même jamais soupçonné sa radicalisation. « Il a pu faire apparaître sa personnalité et son refus total de toute intention terroriste dans ce dossier, c'est-à-dire que c’est quelqu’un qui en effet a été violenté à plusieurs reprises par Amedy Coulibaly et qui explique qu’il était dans un rapport de soumission vis-à-vis de lui, qu’il a accepté de faire ces achats matériels, parmi lesquels il n’y a pas un seul achat d’arme à feu. Monsieur Willy Prévost n’est pas mis en cause pour avoir fourni des armes à feu à monsieur Coulibaly, il est mis en cause pour avoir apporté du matériel en vente libre, ce qu’il a fait sans ne jamais avoir vu connaissance des projets terroristes de Amedy Coulibaly. »

« Bien sûr qu’il préparait quelque chose d’illégal, mais je pensais qu’il allait se déguiser en flic pour braquer un go fast ; il m’avait parlé d’un arrivage de drogue, pour moi c’était un braqueur, pas un terroriste », affirme Willy Prévost. D’autant, assure-t-il, qu’il n’a jamais été question de religion entre eux. Pas convaincus, les avocats des parties civiles le pressent sur ses nombreuses rencontres avec Amedy Coulibaly, leur ligne téléphonique dédiée, insistent pour savoir s’il est converti à l’islam. « Je suis pas converti. Pourquoi vous insistez pour me parler de religion ? S’énerve Willy Prévost. N’essayez pas de me faire porter un bonnet qu’est pas à ma taille, je sais ce que j’ai fait, les achats j’assume, mais je suis pas un terroriste », martèle-t-il.

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