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Procès des attentats de janvier 2015: versions changeantes autour de Mohamed Fares

Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France.
Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France. Thomas COEX / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au procès des attentats de janvier 2015, ce jeudi 15 octobre, c'est la deuxième journée consacrée à l’accusé Mohamed Fares. Pour le parquet, il aurait servi d’intermédiaire entre les vendeurs d’armes et deux autres accusés, qui les aurait remis à Amedy Coulibaly. Mohamed Fares se revendique caïd de la drogue, mais nie tout trafic d’armes et participation aux attentats. Après ce deuxième jour d’interrogatoire, il est toujours aussi difficile de se faire une idée claire sur son éventuelle implication.

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Avec notre envoyée spéciale au tribunal de Paris, Laura Martel

Versions changeantes et accusations mutuelles sur fond de brouilles familiales, le premier jour d’interrogatoire avait laissé bien des questions en suspens, à commencer par le rôle éventuel de Mohamed Fares dans le parcours des armes. Deux témoignages, ce jeudi, ont ajouté à la confusion. Arrive d’abord Amel, voile beige et tunique noire ; c'est la belle-sœur de Mohamed Fares. Pour expliquer la présence de son ADN sur un pistolet retrouvé chez Coulibaly, elle avait indiqué l’avoir touché via son petit frère Souliman. Lui avait mis en cause Mohamed Fares.

« Je crains mon créateur, pas ma famille »

A la barre, c’est l’amnésie : « Vous n’avez pas envie de faire l’effort ou vous ne vous souvenez plus ? » s’agace le président. « Franchement, j’ai pas envie de faire l’effort » lance-t-elle. La cour envisage la peur des représailles. « Vous avez dit en audition "j’veux pas qu’on sache que j’ai dit ca, j’ai peur pour moi, ils vont me démonter à sang" » rappelle le président, « vous craignez qui ? »... « Je crains mon créateur, pas ma famille » assure-t-elle.

Puis vient Chahinaze, jean, veste noire et queue de cheval. Soeur d’Amel, elle avait chargé Mohamed Fares, son ex-époux religieux, mais alterne maintenant trous de mémoires et rétropédalages. Et finit par dire : « J’étais exténuée par la garde à vue et Mohamed me battait, c’était une vengeance ». Sceptique, le président relance : « Vous avez un intérêt à vous démarquer ainsi de vos déclarations ? », « j’ai un enfant avec lui », souffle-t-elle.

« Bah, chez mes parents »

Interrogée sur les violences qu’elle a subies et la peur qu’elle peut en conserver, elle s’effondre. On aura peut-être quand même appris une chose concrète à cette audience : quand le parquet lui demande où est souliman, plutôt pour la forme, car il est déclaré en fuite. « Bah, chez mes parents », répond candidement sa sœur.

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