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Plan anti-pauvreté en France: Castex cible l'insertion, les associations s'agacent

Le Premier ministre, Jean Castex, avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne ( à dr.) à Épinay-sur-Orge, détaille les mesures du plan anti-pauvreté.
Le Premier ministre, Jean Castex, avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne ( à dr.) à Épinay-sur-Orge, détaille les mesures du plan anti-pauvreté. Alain JOCARD / AFP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

En France, le gouvernement a annoncé ce samedi 24 octobre de nouvelles mesures en faveur des plus précaires, pour plus de 700 millions d'euros. En déplacement dans un centre d'hébergement d'urgence d'Emmaüs, à Épinay-sur-Orge, le Premier ministre, Jean Castex, a axé son intervention sur l'insertion par le travail.

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Le gouvernement avait déjà annoncé, au cours des deux dernières semaines, un soutien monétaire aux plus fragiles, d'un coût de 1,1 milliard d'euros. Il y aura 150 euros pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et pour les chômeurs longues durée. Il y aura 100 euros par enfants pour les bénéficiaires d'aides au logement. Ce seront 150 euros qui seront aussi alloués aux jeunes qui touchent les aides aux logements et les étudiants boursiers, soit 1,3 million de jeunes au total.

Dans un centre d'hébergement d'urgence d'Emmaüs, à Épinay-sur-Orge, dans l'Essonne, le Premier ministre Jean Castex a détaillé de nouvelles mesures pour encourager l'insertion par l’emploi. Il a annoncé que « 30 000 postes supplémentaires dans les structures de l’insertion par l’activité économique (IAE) seront créés d’ici 2022 ». Ces postes « viendront s’ajouter aux 240 000 qui est notre objectif d’ici la fin du quinquennat », a-t-il poursuivi.

Allonger le temps passé dans les structures d’insertion

« Nous allons allonger de 12 mois le temps passé dans ces structures de l’insertion par l’activité économique, parce qu’on sait bien qu’en période de chômage et de difficultés, la sortie est plus difficile. Donc, nous allons prendre en compte cette situation à hauteur de 24 mois maximum pour éviter aussi ce qu’on appelle les sorties sèches de l’IAE », a-t-il ajouté.

►À lire aussi: Pauvreté: les annonces de Castex reportées après l’assassinat d’un professeur

Le gouvernement compte dans le même temps renforcer l'accès au logement et à l'hébergement d'urgence. « Nous allons aussi ouvrir 1500 nouvelles places d’hébergement, notamment pour les femmes sortant de maternité et qui sont sans solutions car c’est un sujet que les associations ont particulièrement pointé devant nous ».

Jean Castex a par ailleurs annoncé l'ouverture de la campagne hivernale pour aider les sans-abris dès le 18 octobre, avec deux semaines d'avance.

Des annonces insuffisantes pour les associations

Les associations de lutte contre la pauvreté ont aussitôt critiqué l'insuffisance de ces annonces, regrettant que le gouvernement se refuse toujours à augmenter les minima sociaux.

Pour Christophe Devys, qui préside le collectif Alerte regroupant 35 fédérations et associations nationales de solidarité, ces mesures sont certes « bienvenues ». Mais le gouvernement reste, selon lui, campé sur une « position idéologique », en refusant d'augmenter les minima sociaux, pour préférer des aides à l'insertion par l'emploi. Cette revalorisation, a-t-il souligné, est d'autant plus nécessaire que le RSA n'atteint plus aujourd'hui que 39% du SMIC, contre 50% en 1988, au moment de la création du RMI, l'ancêtre du RSA.

La réaction d'ATD Quart Monde, membre du collectif Alerte, a été encore plus vive, face à des « mesures pansements, déconnectées de la vie des gens ». Selon cette association, les choix de l'exécutif relèvent d'un « mépris » et d'une « logique éculée consistant à opposer les “bons pauvres”, à qui l'on donnerait un coup de pouce pour les aider à retrouver le marché de l'emploi, et les “mauvais pauvres”, à qui l'on distribuerait des miettes ».

La pauvreté s’accroît avec le coronavirus

La pauvreté s’est aggravée avec la crise sanitaire. Les associations estiment à un million la population qui a plongé sous le seuil de pauvreté avec le confinement au printemps. Ces nouveaux visages de la précarité qui s’ajoute aux 9 millions de pauvres que compte déjà le pays.

C’est une nouvelle population qu’elles voient défiler depuis le confinement, notamment beaucoup de jeunes. Ce sont des étudiants et des intérimaires dont les missions ont été interrompues tout net. Mais il y a autoentrepreneurs, aussi, contraints par l’effondrement de l’activité de demander les minimas sociaux pour vivre.

Au total, ce sont un million de personnes, donc, dont les revenus ne dépassent pas les 1000 euros par mois. Selon les associations, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a bondi d’environ 30 % en France. Les demandes pour le RSA de 10 %. Et ce n’est pas fini puisque les associations déjà submergées redoutent des centaines de milliers d’autres demandes avec les pertes d’emplois à venir. La Banque de France anticipe un chômage à 11% en janvier.

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