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Attentats de janvier 2015: Ali Riza Polat, principal accusé du procès, à la barre

Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France.
Le tribunal de Paris, le 2 septembre 2020, pour l'ouverture du procès des attentats de 2015 en France. Thomas COEX / AFP

Au procès des attentats de janvier 2015, la cour d'assises spéciale de Paris n'a plus qu'un accusé à entendre. Il s'agit d'Ali Riza Polat, le seul parmi les onze présents à comparaître pour « complicité » de crimes terroristes et donc à risquer la perpétuité. Celui que les enquêteurs considèrent comme le « bras droit » d'Amedy Coulibaly, est interrogé ce lundi et mardi. 

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Depuis le début du procès, Ali Riza Polat prend très régulièrement la parole sans en avoir la permission. Depuis son box vitré, il apostrophe les témoins, se lève, s'emporte. Il a même menacé une enquêtrice de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police, mi-octobre. Alors qu'elle aborde la question de sa radicalisation religieuse et qu'elle parle de sa mère, Ali Riza Polat lui hurle : « Tu vas le payer. » Juste avant, il avait mimé un coup de poing en direction de la policière. Cette fois, c'en est trop. L'avocat général décide d'ouvrir un procédure à son encontre pour « menaces sur personnes dépositaires de l'autorité publique ». Le président de la cour d'assises, lui, menace de l'expulser si un incident se reproduit.

« Quand je sortirai, je ferai pire »

Depuis le premier jour, le Franco-Turc de 35 ans a décidé d'être dans la provocation. Il assume parfaitement son passé de trafiquant qui lui a déjà valu trois séjours en prison : drogues, armes, escroqueries. Cela lui a permis de gagner de l'argent. Beaucoup d'argent, se vante-t-il. Et lui, l'argent, il adore ça. Il veut « mourir riche », « sans travailler ». Alors le jour où il sortira de prison, il va « faire pire », prévient-il. « Je ferai du banditisme, encore plus », fanfaronne Ali Riza Polat devant la cour d'assises.

Mais pour ce qui est du terrorisme, alors ça non, ce n'est pas son truc. Il le jure, il n'a rien à voir avec ce qu'a fait « l'autre con ». C'est comme cela qu'il appelle Amedy Coulibaly, son ami, rencontré en 2007 dans la cité dans laquelle ils vivaient.

Ali Riza Polat fait rire parfois, agace souvent. Son attitude arrogante complique la tâche de son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre, qui lui a demandé à plusieurs reprises de se calmer. Un jour, après une énième intervention d'Ali Riza Polat, elle le rabroue : « Ne parlez pas comme ça, sinon je vous laisse tomber. »

De multiples contacts avec Amedy Coulibaly

L'audience de ce lundi 26 octobre promet d'être orageuse. Les enquêteurs sont persuadés qu'Ali Riza Polat a aidé Amedy Coulibaly à se procurer de l'argent, des armes et des explosifs. Il va donc devoir répondre à des questions qui ne vont certainement pas lui plaire. Des questions sur ses nombreuses rencontres avec le terroriste et sur leurs multiples échanges téléphoniques dans les semaines précédents les attentats. Des questions aussi sur les services qu'il lui a rendus : il y a, par exemple, la Mini Cooper qu'il a vendue avec Amedy Coulibaly en Belgique, ou bien encore un sac d'armes qui se serait retrouvé entre ses mains. Enfin, il y a une liste d'armes et de munitions qu'Ali Riza Polat a écrite et qui a été retrouvée dans un garage de Charleroi.

Autre élément troublant : le 7 janvier 2015, après l'attentat de Charlie Hebdo, mais alors qu'Amedy Coulibaly n'est pas encore passé à l'acte, Ali Riza Polat récupère les téléphones de Willy Prévost, l'un de ses co-accusés, téléphones qui leur servaient à communiquer, ainsi que la carte grise de la moto utilisée par Amedy Coulibaly. Les policiers pensent qu'il voulait empêcher qu'on puisse remonter jusqu'à lui.

Tentatives de fuite après les attentats

L'attitude d'Ali Riza Polat juste après les attentats interroge également. Il a notamment cherché à quitter la France plusieurs fois. La première tentative, dès le 11 janvier, le conduit au Liban d'où il tentera, en vain, de se rendre en Syrie. Il y a aussi ces deux promenades aux airs de pèlerinage : le 28 janvier, il passe de longues minutes à regarder la devanture de l'Hyper Cacher. Le lendemain, il se rend à Bastille, non loin de Charlie Hebdo, pour manger une pomme d'amour, la friandise préférée d'Amedy Coulibaly.

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