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France: le reconfinement décidé par Macron ne fait pas consensus

Les Champs-Élysées désertés et sous la pluie: Paris est sous couvre-feu, ce 28 octobre 2020, alors que le président Macron a annoncé un reconfinement général jusqu'au 1er décembre, à compter de ce jeudi 29 octobre 2020 au soir.
Les Champs-Élysées désertés et sous la pluie: Paris est sous couvre-feu, ce 28 octobre 2020, alors que le président Macron a annoncé un reconfinement général jusqu'au 1er décembre, à compter de ce jeudi 29 octobre 2020 au soir. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Après l'annonce d'un reconfinement visant à endiguer la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, les réactions des Français reflètent une absence totale de consensus. Très attendue par les professionnels de santé, la décision d'Emmanuel Macron désole le monde économique. Chez ses détracteurs, le reproche au gouvernement est le même : le manque d'anticipation.

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Avec Bruno Faure, du service Économie de RFI et Aram Mbengue, du service France Sciences de RFI

Il n'y a qu'à lire quelques titres à la Une de la presse régionale, puisque toute la France métropolitaine est de nouveau sous cloche. « Dodo, boulot, dodo », « Un mois ferme », « Un jour sans fin ». Un vrai courant de scepticisme parcourt la population -l'allocution a été suivie par 32,7 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie-, relayé d'ailleurs par les opposants du chef de l’État. Certes, ils appellent à respecter les consignes, mais ils dénoncent en chœur un échec de la stratégie de l'exécutif. L'absence d'anticipation de la deuxième vague, le raté du déconfinement de l'été, les frontières qui restent ouvertes, et puis le flou sur les nouvelles mesures avec des conséquences économiques trop peu prises en compte.

Les opposants au reconfinement annoncé par le président Emmanuel Macron pour toute la France reprochent le manque d'anticipation, notamment lors de la hausse des contaminations en août 2020.
Les opposants au reconfinement annoncé par le président Emmanuel Macron pour toute la France reprochent le manque d'anticipation, notamment lors de la hausse des contaminations en août 2020. © Charles Platiau / Reuters

Le monde économique n'est lui non plus pas du tout satisfait. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux l'a redit : ce confinement bis va « provoquer des dégâts considérables ». Il comprend le désarroi et la colère des commerçants à l'approche de Noël. Beaucoup de restaurateurs disent qu'ils vont fermer définitivement. Et ces annonces de restrictions, pas qu'en France d'ailleurs, angoissent les investisseurs. L'ensemble des marchés financiers a clôturé en très forte baisse ce mercredi.

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Satisfaction des médecins

La décision d'Emmanuel Macron était par contre attendue vivement par les personnels de santé, dont la majorité sont satisfaits. « L'enjeu du confinement est un enjeu de solidarité nationale sur lequel va reposer l'efficacité du dispositif, avertit Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu à Paris. L'ensemble des médecins implore la population de respecter l'ensemble des consignes afin que cet impact soit positif sur nos capacités à soigner la population, et que confinement soit limité au temps strictement nécessaire. »

L'annonce du reconfinement par Emmanuel Macron a été accueillie également avec satisfaction par le syndicat BLOC, qui regroupe des chirurgiens, gynécologues accoucheurs et anesthésistes du secteur hospitalier privé.

« Pendant le mois de confinement, il faut maintenir un certain nombre d'activités sanitaires, et ça c'est important parce qu'on a eu des conséquences, des gens qui n'ont pas été opérés, des cancers qui n'ont pas pu etre traités pendant la première vague, souligne le docteur Bertrand Rochambeau, co-président du syndicat BLOC. Donc il faut continuer à se faire soigner. Mais surtout, il faut préparer le déconfinement, parce que sinon, on va faire ad vitam æternam "stop, go, stop, go", qui est une stratégie qui ne règle pas la cause et qui ne règle pas le problème. »

Bertrand Rochambeau préconise deux mesures à préparer d'ores et déjà : « Première mesure, ce sont des tests rapides. En moins de trente minutes, on doit pouvoir tester pour isoler les gens et protéger. Et ça, ça va casser véritablement l'épidémie. Et la deuxième chose, c'est de préparer l'hôpital. C'est la démonstration que notre système sanitaire est à genou. »

Doutes sur le maintien des écoles et lycées ouverts

Avant la prise de parole du président, nombreux responsables hospitaliers appelaient avec insistance à un reconfinement. « On rentre dans l'hiver, le combat va être long, la sollicitation des hôpitaux va être marquée, il y a d'autres épidémies... Nous ne pourrons pas déprogrammer comme nous l'avons fait au printemps », justifiait Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), appelant à un « reconfinement total » qui laisse néanmoins accès aux écoles maternelles et primaires. Pour lui, « l'objectif n'est pas d'arrêter la vie sociale, c'est d'enrayer le nombre de malades et faire en sorte que les lignes hospitalières tiennent, ce qui est aujourd'hui sacrément remis en cause ».

Cependant, le maintien de l'ouverture des écoles, y compris pour les lycéens, de jeunes adultes donc tout aussi contagieux, ne fait pas l'unanimité. C'est une « erreur » a réagi ce mercredi soir le docteur Jérôme Marty, président de l'UFML, le syndicat des médecins libéraux. « C'est complètement idiot. Le virus continue à circuler, dans les écoles ça fait un très joli nid à Covid et après ils (les enfants) le ramènent à la maison », estime aussi l'épidémiologiste Catherine Hill.

Le président Macron a annoncé des protocoles renforcés dans les établissements scolaires. Mais pour les syndicats d'enseignants, il va falloir très vite préciser les choses. Comment limiter les regroupements ? Comment mieux aérer les locaux, y compris en hiver ? Des questions qu'ils se posent depuis plusieurs mois.

(et avec AFP)

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