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Producteur tabassé à Paris: les policiers mis en cause placés en garde à vue

Michel Zecler, le producteur de musique victime de violences policières, répondant aux médias, le 26 novembre 2020.
Michel Zecler, le producteur de musique victime de violences policières, répondant aux médias, le 26 novembre 2020. AP - Thibault Camus
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Quatre policiers ont été placés vendredi en garde à vue après le violent passage à tabac d'un producteur noir à Paris. Trois d’entre eux sont entendus notamment pour « violences à caractère raciste » dans cette affaire qui a « choqué » le président Macron, et relancé le débat récurrent en France sur le racisme et les violences policières.

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Les quatre fonctionnaires, suspendus jeudi, ont été placés en début d'après-midi, vendredi 27 novembre, en garde à vue dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. Ils sont tous visés par une enquête pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique » et « faux en écriture publique ». 

Trois d'entre eux sont aussi entendus pour « violences volontaires, en réunion, avec arme et à caractère raciste », a informé le parquet de Paris.

Emmanuel Macron réclame des « propositions »

La vidéo du passage à tabac, diffusée jeudi sur les réseaux sociaux et largement partagée – plus de dix millions de vues –, a déclenché une onde de choc jusqu'au sommet de l'État, en passant par plusieurs grands noms du sport et de la musique.

Emmanuel Macron s'est dit « très choqué » par les images montrant Michel Zecler, un producteur noir, roué de coups dans l'entrée de son studio de musique à Paris. Dans un message publié sur ses comptes Facebook et Twitter, le président français dénonce des « images inacceptables », une « honte ». « La France ne doit jamais laisser prospérer la haine ou le racisme », commence le chef de l’Etat.

Le président français cherche à réconcilier la population avec les forces de l’ordre, condamnant les violences des deux côtés. En pleine polémique sur l’article 24 de la loi de sécurité globale, il rappelle son attachement à la liberté de la presse. 

Mais plus d’un appel à l’apaisement, c’est aussi un appel la mobilisation du gouvernement. Emmanuel Macron demande à ses ministres de lui « faire rapidement des propositions pour réaffirmer le lien de confiance » entre les Français et « ceux qui les protègent ». En conclusion, le chef de l’Etat rejette « l’invective, l’opprobre et les manipulations » en appelant au rassemblement et à la « concorde ». Un message repris et retweeté en masse par les élus de la macronie.

Avant cette intervention, l'affaire a fait ce vendredi les gros titres de la presse nationale. « La nausée », titrait le quotidien de gauche Libération, sur une photo du visage ensanglanté de Michel Zecler. « Violences policières : l'exécutif mis en cause », affichait le journal Le Monde en Une. Les footballeurs vedettes Antoine Griezmann ou Kylian Mbappé se sont aussi indignés sur les réseaux sociaux.

« Uniforme sali »

Gérald Darmanin, le clivant ministre de l'Intérieur, incarnation d'une stratégie sécuritaire sans état d'âme, a été reçu jeudi soir par M. Macron qui lui a demandé de prononcer des sanctions très claires contre les policiers, selon une source gouvernementale.

Après cette rencontre, le ministre a annoncé sur la chaîne France 2 qu'il demandait la révocation des quatre policiers (le quatrième mis en cause est accusé d'avoir jeté une grenade lacrymogène dans le studio), et les a accusés d'avoir « sali l'uniforme de la République ».

Le secrétaire général du syndicat des commissaires de police, David Le Bars, a souhaité que « la justice agisse vite », tout en demandant à sortir de la polémique consistant à « laisser croire » que l'ensemble de la police était violente. 

Selon Michel Zecler, qui a porté plainte, les policiers l'ont traité de « sale nègre » à plusieurs reprises. Ce témoignage relance les interrogations sur un racisme et une violence « structurels » au sein de la police française, catégoriquement démentis par les autorités, mais alimentées par une série d'affaires ces dernières années.

(Avec AFP)

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