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Tabassage de Michel Zecler: détention provisoire requise contre trois policiers

Le producteur de musique Michel Zecler le jeudi 26 novembre 2020.
Le producteur de musique Michel Zecler le jeudi 26 novembre 2020. AP - Thibault Camus
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après 48 heures de garde à vue, le parquet de Paris a requis ce dimanche la mise en examen et le placement en détention provisoire de trois policiers accusés de violences contre le producteur de musique Michel Zecler. Un quatrième policier a été placé sous contrôle judiciaire. 

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Le parquet a requis la mise en examen des trois policiers impliqués dans l'affaire mais aussi leur mise en détention provisoire. Un fait rarissime, qui souligne à quel point l'affaire est prise au sérieux par l'autorité judiciaire, qui souhaite ainsi éviter que les trois hommes ne puissent se concerter sur leurs versions des faits. 

Le parquet a requis leur mise en examen pour « violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique », avec arme, en réunion, avec la circonstance aggravante de racisme, a précisé le procureur de Paris Rémy Heitz lors d'une conférence de presse ce dimanche. Ils sont aussi accusés de « faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique ». Ils sont en effet soupçonnés d'avoir menti lors de la rédaction du procès verbal après l'interpellation de Michel Zecler. Un crime, pour lequel ces trois policiers risquent les assises. 

Un quatrième policier sous contrôle judiciaire

Un quatrième policier mis en cause a été mis en examen notamment pour « violences volontaires » par personne dépositaire de l'autorité publique et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé une source judiciaire à l'AFP. Les réquisitions du parquet de Paris ont donc été suivies pour cet agent, soupçonné d'avoir jeté une grenade lacrymogène dans le studio. L'enquête est désormais confiée à un juge d'instruction, qui devra décider s'il suit l'ensemble des réquisitions du parquet.

Pour leur défense, les fonctionnaires avaient indiqué dans leur procès verbal que Michel Zecler avait tenté de se saisir de leur arme. Une information sur laquelle le procureur de Paris n'est pas revenue, et qui sera certainement au cœur de l'enquête pour déterminer le contexte exact dans lequel cette interpellation s'est déroulée.

« Entendus à plusieurs reprises » lors de leur garde à vue à l'IGPN, la police des polices, entre vendredi après-midi et dimanche matin, les trois principaux mis en cause ont d'abord « reconnu avoir porté des coups, expliquant ceci par l'attitude de M. Zecler et les circonstances de l'interpellation » dans un local exigü.

Les policiers invoquent la peur et la panique

Durant leur garde à vue, les policiers ont aussi évoqué une « incapacité à maîtriser M. Zecler qui se débattait » et ont expliqué « les coups par la panique qui les avait saisis », selon Rémy Heitz. Accusés par Michel Zecler de l'avoir qualifié de « sale nègre » à plusieurs reprises, ils contestent « avoir tenu les propos racistes » pourtant « corroborés par l'un des jeunes derrière la porte du sas » et réfutent « le caractère mensonger du procès-verbal ».

Selon le procureur de Paris, les trois policiers ont toutefois fini « par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur ». D'après le procureur, quatre des neuf personnes présentes dans le studio, outre Michel Zecler, ont déposé plainte pour « violences » contre les forces de l'ordre.

(Avec AFP)

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